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ET DIEU SE FIT VULNÉRABLE
(extraits)

CARDINAL CARLO MARIA MARTINI

Seigneur, Fils de Dieu crucifié, nous ne te connaissons pas. Il nous est si difficile de te reconnaître dans le mystère de ta croix, de te reconnaître dans notre vie!
Ouvre nos yeux. Montre-nous le sens des expériences douloureuses dont tu te sers pour déchirer le voile de notre ignorance. Accorde-nous de connaître qui est le Père dans l’ignominie de la croix. Montre-nous qui nous sommes, nous à qui tu te révèles dans l’humiliation de notre pauvreté.

L’homme pécheur sauvé reçoit la révélation de son péché et de son salut dans le processus de la Passion. La Passion est le cas limite où éclate la méchanceté de l’homme face à laquelle se manifeste la puissance du salut de Dieu.

La lecture des ouvrages des mystiques peut nous faire saisir quelque chose du mystère de l’abandon du Christ, au plus seul de la Passion.

Isaac de Ninive, par exemple, parle d’un enfer mental, d’un goût de la Géhenne où se vit l’absence du temps : la personne ainsi éprouvée ne croit plus à une quelconque possibilité de changement dans sa vie. Inimaginable aussi l’idée de trouver jamais la paix. L’espérance en Dieu et la consolation qu’apporte la foi ont totalement déserté son âme dévorée par l’angoisse et le doute, à en perdre cœur.

Dans les Exercices spirituels, voici comment Ignace de Loyola décrit la désolation : « On doit appeler désolation spirituelle tout obscurcissement de l’âme, tout trouble et instigation aux choses basses et terrestres, enfin toute inquiétude et agitation ou tentation entraînant à douter de son salut et chassant l’espérance et la charité.

Abandon que tant de pages de la Bible expriment déjà, dans les livres des Prophètes surtout et dans les Psaumes : seuls ceux qui ont été véritablement séduits par le Dieu de l’Alliance, ceux qui ont eu, fût-ce une seule fois, la sensation de ce que signifie posséder Dieu dans une alliance d’amour, ceux-là seuls savent ce que veut dire se sentir abandonné par lui.

Je te rends grâce, Seigneur, car tu te révèles à nous dans l’inattendu, la nouveauté qui nous surprend toujours. Nous t’en prions, que rien ne nous échappe quand tu te manifestes ainsi! Fais-nous reconnaître d’emblée, en toutes circonstances, comme notre prochain quiconque te représente et révèle ton visage.

Qui est donc Judas? Qui est le traître? Qui est l’homme bouleversé qui abuse de sa liberté jusqu’à ce qu’il s’aperçoive qu’il s’est totalement trompé? C’est moi, c’est chacun de nous. C’est moi chaque fois que je me fais une fausse idée de Dieu et de moi-même, au lieu de réfléchir et de faire apparaître les motifs erronés de ma déception. Comme je ne l’admets pas, je m’accroche à des illusions de revanche, de dépit et Dieu sait où j’aboutis.

Qui sont ces hommes qui giflent Jésus, le frappent, lui crachent au visage, le tournent en dérision : Christ, dis-nous qui t’a frappé. C’est d’ailleurs la seule fois que le mot « Christ » est utilisé dans les évangiles, par dérision de Jésus et de la mission du Père par le don le plus précieux qu’il fait à l’homme. Ces hommes, ce sont des gens très malheureux, des travailleurs au salaire minimum, des gens qui sont debout la nuit sans savoir pourquoi, des gens perdus de dignité, dont la famille, quand elle existe, ajoute encore à leur malheur, des gens qui détestent leur emploi. Alors ils ont besoin de prendre leur revanche.

Jésus est la vulnérabilité de Dieu qui s’offre à l’homme comme miroir de sa mesquinerie. Son désir, c’est que l’homme s’y voie, qu’il ait horreur de son image et qu’il accepte le salut que lui propose, silencieusement, cet humilié.

Qu’y a-t-il en nous de Pilate qui nous empêche d’être libers? Quels sont nos peurs, nos étiquettes, les masques que nous portons en public et qui nous retiennent de courir des risques?

Seigneur, toi qui nous as manifesté ton Fils dans la pauvreté d’un homme, révèle-nous ce que nous sommes. Fais que le sang de tes plaies n’ait pas coulé en vain pour nous, mais que par tes blessures nous soyons guéris. Par la grâce de ce sang versé, puisse chacun de nous retrouver la liberté à la quelle il est destiné. Amen!

Comme nous voudrions que les derniers moments de notre vie soient paisibles, imprégnés d’un abandon serein! Mais comme aussi ils peuvent être, au contraire, étrangement imprévisibles, mystérieux. La mort de Jésus participe de l’imprévisibilité de l’expérience humaine de la mort.

Il n’y a qu’à adorer le mystère du Seigneur qui s’est fait semblable à chacun de nous. Ce que sera notre expérience de la mort, nous n’en savons rien. Ce que nous savons, toutefois, c’est que le Seigneur, par amour pour nous, nous en a préparé le chemin et qu’il viendra à notre rencontre.

Une adhésion renouvelée à la voie de Jésus

Toute vraie reprise, tout véritable approfondissement de l’esprit, tout ce qui nous rend capables de saisir les situations où nous nous trouvons – notre situation dans le monde, l’état actuel de l’Église –, tout cela part d’une adhésion renouvelée à la voie de Jésus, telle qu’elle nous est présentée dans la seconde partie de l’évangile de Marc.

On demande au catéchumène, comme à nous, de prier avec insistance pour que Jésus nous garde en sa compagnie, qu’il nous prenne avec lui jusqu’au bout, car, nous en sommes convaincus, cette proximité de Jésus est la clé de tous les discernements pour analyser les mentalités diverses qui fermentent en nous et dans l’Église. Car alors, les mentalités et les comportements qui ne sont pas évangéliques tombent d’eux-mêmes. Tous les rêves, tous les châteaux en Espagne, tous les projets purement humains disparaissent. Seule demeure, vivante, la vérité de l’Évangile.

Chez Marc, la manière de conter consiste en une série de tableaux où divers personnages entrent en contact avec Jésus. J’en retiens quatorze, qu’éventuellement vous pourrez utiliser pour un chemin de croix : 1. Jésus et Judas, 2. Jésus et les gardes, 3. Jésus et le Sanhédrin, 4. Jésus et Pierre, 5. Jésus et Pilate, 6. Jésus et Barabbas avec la foule, 7. Jésus et les soldats, 8. Jésus et Simon de Cyrène, 9. Jésus et les crucifiés, 10. Jésus et ceux qui le tournent en dérision, 11. Jésus et le Père, 12. Jésus et le centurion, 13. Jésus et les femmes au pied de la croix, 14. Jésus et ses amis.

C’set peut-être par manque de réflexion, de méditation, de contemplation sur la Passion que nous assistons aujourd’hui à tant de confusions. La Passion tient une place prépondérante dans les évangiles précisément pour nous offrir un moyen sûr de discernement dans notre vie.

Jésus dans l’étau du succès et de l’incompréhension

Seigneur Jésus, tu montes vers la Passion par amour pour nous. Fais que chacun de nous se laisse attirer par toi et que nous te suivions là où tu veux nous conduire.

Nous connaissons des blocages qui empêchent la vérité de notre vécu d’aboutir dans l’expérience de la croix, la nôtre ou celle d’autrui. Ces blocages tiennent à des lacunes intellectuelles dans la théologie de la rédemption. Une certaine manière de théologiser la rédemption semble se fonder sur des considérations abstraites plutôt que sur l’expérience vécue de la conversion et de la croix. Nous devons ainsi nous libérer de certaines hypothèques que les théologies abstraites ont mises en nous concernant la croix, le sacrifice, la mortification et des thèmes connexes comme la victoire sur la sensualité, voire sur la sexualité. J’ai relevé, à titre d’exemple, chez un auteur américain, sa totale incapacité à comprendre le sens du célibat et, donc, l’absence totale du sens de la croix, unie à une permissivité aussi étrange que suspecte. Une fois chassés de notre vie spirituelle certains éléments fondamentaux, on ne peut plus prévoir où elle aboutira.

Au fond, la psychologie de Pierre ressemble étrangement à la nôtre. Il se sentait investi du Royaume, capable vraiment de grandes œuvres, d’y travailler à l’instar de Jésus, voire un petit peu plus que lui. Cette attitude nous colle à la peau quand nous regardons nos œuvres, notre Église, quand nous nous identifions à notre apostolat et que, précisément, nous le considérons comme nôtre et non comme l’affaire du Seigneur.

Où Pierre se montre suffisant

Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment; mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères.

Pierre a cette très belle réponse : Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort.

Que pourrait-il ajouter d’autre? Mais ces paroles, si belles pourtant, n’ont aucune prise. Pourquoi Pierre s’est-il trompé? Probablement parce qu’il est en train de faire un très mauvais usage des paroles du Seigneur. Il vient de lui être dit : j’ai prié pour toi, et Pierre, au lieu de prendre conscience de sa pauvreté et de sa fragilité, en tire un motif de satisfaction personnelle et d’orgueil. Il n’a pas saisi l’allusion à son retournement, au danger pour sa foi. Seule la mention du fait que le Royaume de Dieu a besoin de lui (affermis tes frères) l’a marqué. Il ne sent pas non plus le besoin de la prière du Seigneur parce qu’il est sûr d’y arriver tout seul.

Ô Marie, la contemplation de ton mystère et des événements qui ont douloureusement marqué ta vie en son intimité nous laisse muets d’impuissance. Tu connais d’expérience la force de l’amour de Dieu pour nous. À tes dépens, tu sais aussi dans quelle mesure ton Fils s’est livré entre nos mains en échappant à ta tendresse. Tu sais d’expérience aussi la puissance infinie de son amour pour nous, pour tout homme et toute femme de la terre. Obtiens-nous, par ton intercession, de faire à notre tour, l’expérience de l’amour fou du Christ et d’accepter, comme tu l’as fait, de devenir participants de son action puissante, même si nous prévoyons l’abîme d’amour et de souffrance que cet engagement peut comporter.

Jean a l’habitude de présenter une grande vision unitaire et contemplative, où les différents plans se compénètrent. En somme, pour le regard mystique du voyant, la vie terrestre du Christ, sa vie glorieuse, la vie de l’Église naissante à laquelle l’apôtre s’adresse et la vie de l’Église à venir sont autant de plans qui s’interpénètrent et sont contemplés en même temps.

Le thème de la gloire

On connaît le contexte : des Grecs veulent voir Jésus. Jésus répond : Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perdra. […] Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur (Jn 12, 23-26)

Nous le remarquons, nous sommes en plein paradoxe : la « gloire » dans son acception habituelle. veut dire l’honneur, les hommages, les faveurs, le succès; la gloire de Jésus, telle qu’elle nous est décrite, passe par l’infamie, les insultes, les coups, l’anéantissement de la part des hommes.

Jésus se révèle comme celui qui va au devant de sa Passion, conscient de sa divinité : « Je suis » (ego eimi). Les exégètes sont, aujourd’hui, d’accord pour dire que ce « Je suis » fait clairement allusion à l’identité de Yahvé (Yahvé signifie précisément « Je suis » en hébreu). Et donc Jean nous présente Jésus qui va au devant de sa Passion avec gloire, dans la pleine conscience qu’il set Dieu. Et c’est en assumant son identité divine qu’il nous révèle le mystère du Père.

Le cinquième épisode est l’accomplissement (Jn 19, 23-30). Quand Jésus meurt, le salut s’accomplit réellement. La scène est d’une importance extrême. L’Écriture est accomplie : les soldats se partagent ses vêtements (c’est une des rares citations bibliques où Jean insiste vraiment). De plus, la Mère de Jésus est donnée aux siens. Le don de sa Mère à Jean marque le début de l’Église.

Et puis Jésus donne l’Esprit. Voilà une autre ambiguïté : Jésus remet son esprit en ce sens qu’il meurt, mais l’expression utilisée par l’évangéliste veut aussi dire : « Jésus fait don de l’Esprit », en ce sens que par sa mort il ouvre la porte à l’effusion de l’Esprit. C’est la gloire de Dieu qui se manifeste, car à travers la mort du Seigneur, l’Esprit envahit le monde.

La véritable royauté de Jésus

Voici l’homme : ces mots concernent l’homme qui est là, couronné d’épines, revêtu de pourpre, celui dont on vient de lire « qu’il se fait Fils de Dieu ». Si on garde à l’esprit le style de Jean, nous avons là une allusion au titre de « Fils de l’homme » : voici l’homme qu’on avait annoncé, l’homme qui devait venir, celui qui par son titre de « Fils de l’homme » évoque la puissance du Messie comme juge et comme roi.

La condamnation, en réalité, n’en est pas une, car aucune sentence précise n’est prononcée sur ce point; une expression complexe a retenu longtemps l’attention des exégètes pour son ambiguïté : ekathisen epi bematos, au verset 13. La Vulgate transpose en latin : sedit pro tribunali. On avait coutume de croire que c’était Pilate qui trônait. Mais, étant donné la proximité du nom de Jésus et la possibilité de prendre le verbe ekatisen à la forme active, il semble que Pilate « fit asseoir Jésus » sur le trône pontifical, ou l’estrade. La TOB adopte cette traduction. La scène alors a de quoi nous impressionner : celui qui, en apparence, passe en jugement est en réalité celui qui est en train de juger l’humanité. Ce récit fait resplendir la gloire du Christ dans l’humiliation de sa mort.

Le coup de lance

Une première signification ressort donc de cette scène évoquée par Jean : de la mort de Jésus naît la vie sacramentelle : baptême et Eucharistie. L’Église reconnaît qu’elle reçoit ces dons du Christ crucifié. La prophétie d’Ézéchiel nous oriente, sans aucun doute, vers un autre sens : selon la promesse, du nouveau Temple jailliraient des fleuves d’eau vive (Ez 47, 1-12) – et Jésus reprend exactement ces termes en Jn 7, 37 –, ainsi du nouveau Temple, détruit et tout près d’être réédifié, jaillit l’eau nouvelle de l’Esprit et de la Vie.

L’évangile, la voie la plus difficile
Card. C. M. Martini

Quand la loi de la croix nous touche, nous en sommes profondément troublés mais ici seulement adviennent la pleine libération et la réorientation vers le Père

Il y a une différence criante entre la hauteur des bonnes résolutions et la présence, en chacun de nous, de l’égoïsme c’est peut-être cela que Dostoïevski appelait l’abîme des doubles pensées. Tu fais quelque chose de bon et tu t’aperçois aussitôt que, dedans, le ver de ton ego ne te quitte pas une seconde. Tu t’aperçois que la puissance du péché est toujours grande.

Les hauts et les bas s’alternent à une fréquence impressionnante et non seulement au niveau psychologique mais aussi au niveau plus profond des choix du coeur, des orientations de la vie.

Certes, il faut apprendre à vivre avec soi-même, à accepter cette instabilité psychologique permanente et spirituelle. Mais cela exige qu’on en comprenne le pourquoi, se demandant comment aussi par ce cheminement tordu Dieu nous aime et veut faire de nous ses fils.

Accepter que de la mort vienne la vie, cela nous rebute et pourtant ça doit bien être comme ça, si le Seigneur nous laisse dans cette lutte qui semble envahir l’univers entier. Peut-être est-ce ce rebut à accepter et à choisir la voie de l’amour jusqu’à la mort, qui manifeste, en même temps, la condition tragique du péché et la nécessité que nous tous avons d’apprendre à aimer grâce à une aide venant d’en haut en ce sens, la fatigue à croire en un Dieu mort sur la croix est la contre preuve de la nécessité de cette mort.

Le christianisme n’est pas la réponse banale à la question de la douleur et de la mort, une réponse qui justifierait tout ou couvrirait tout sous l’incompréhensible jugement divin. Le christianisme est la lectio difficilior, la voie la plus difficile, qui prend au sérieux la condition universelle de mort et de péché et ainsi elle annonce la compassion d’un Dieu qui se fait charge de cette mort et de ce péché en vue de soulever et sauver chacun de nous.

Le pas suivant c’est donc de parvenir à comprendre que Dieu est de notre côté et participe à la douleur pour tout ce mal qui dévaste la terre. Il ne se tient pas là en spectateur désintéressé ou juge froid et lointain, mais souffre pour nous et avec nous, pour nos solitudes incapables d’aimer car lui nous aime. La souffrance divine n’est pas incompatible avec les perfections divines: c’est la souffrance de l’amour qui se fait charge, la compassion active et libre, fruit d’une gratuité sans limites.

De plus en plus, sur le chemin de la vie, à la lumière de l’évangile, le Dieu de J.C. m’a paru comme le Dieu capable de tendresse et de pitié jusqu’à souffrir pour les péchés du monde. Un Dieu tendre comme un père et une mère, qui ne renie pas ses fils. Un Dieu humble, qui manifeste sa toute puissance et sa liberté justement dans sa faiblesse apparente face au mal. Un Dieu qui par amour accepte de subir le poids de notre péché et de la douleur que celui-ci introduit dans le monde.

Mais voilà alors que par la mort de Jésus sur la croix, Dieu nous apprend à tirer le bien du mal, la vie de la mort. Que je voudrais qu’ici tout le monde comprenne que le mystère de Dieu qui meurt et qui ressuscite est la clé de l’existence humaine et le cœur de l’évangile et de notre foi

Cependant toutes les vagues de nos résistances viennent se heurter à ce rocher du mystère pascal, quand nous-aussi, avec Pierre, disons: «Dieu t’en préserve, Seigneur Non, cela ne t’arrivera point » . Et cependant c’est ici que se rejoignent les nœuds qui relient mort et vie, douleur et joie, échec et succès, frustration et désir, humiliation et exaltation, désespoir et espérance. Quand la loi de la croix nous touche, elle nous déroute et nous en sommes profondément troublés. Mais ici seulement se réalise la libération pleine du mal, jusqu’à en accepter les conséquences sur soi-même afin de le pardonner et de le dépasser comme Jésus a fait sur la croix.

Pour défaire l’absurdité apparente de la vie il n’y a donc d’autre voie possible : que je me remette continuellement devant elle sans la fuir et me remette totalement entre les mains de ce Dieu humble et souffrant, le Dieu crucifié. Seulement si je m’abandonne pleinement à lui, je pourrai reprendre en main l’écheveau de la vie par son vrai bout.