«Vous ne repartirez pas de Lourdes comme vous y êtes arrivés: vous repartirez en missionnaires de l’espérance!», a lancé le Pape aux fidèles et pèlerins, ce 27 septembre, lors de la messe qu’il a présidée sur la prairie du sanctuaire mariale, au troisième jour de son voyage apostolique en France. «La Vierge Marie guérit nos regards et transfigure nos cœurs en leur donnant la paix», a-t-il ajouté, exhortant à la conversion et la pénitence.

Myriam Sandouno – Cité du Vatican
27/09/226
Courtasie de
Vatican News

C’était le moment le plus attendu de l’étape de Lourdes, lieu de prière, d’espérance, et de conversion. Ce dimanche 27 septembre 2026 qui restera gravé dans la mémoire des Lourdais et des nombreux pèlerins venus de différentes contrées de la France et du monde entier, le Pape Léon XIV a célébré une messe en plein air, sur la prairie du sanctuaire mariale, qui fait face à la grotte des apparitions. Connue également sous le nom de grotte Massabielle, c’est bien là que la Vierge est apparue à dix-huit reprises à la jeune Bernadette de Soubirous, entre le 11 février et le 16 juillet 1858. Environ 150 000 fidèles, un millier de prêtres et 150 évêques, ainsi qu’une centaine de diacres et 1 500 bénévoles, ont participé à cette célébration eucharistique. 

Deux Papes en visites officielles à Lourdes

La tradition des messes papales à Lourdes marque l’histoire du sanctuaire, où Marie manifeste sa présence maternelle auprès de l’humanité blessée et des malades en particulier. Jean-Paul II, premier Pape à se rendre à Lourdes en 1983, avait célébré, le 15 août, jour de la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, la messe à la Grotte des apparitions. Revenu une seconde fois à Lourdes en 2004, le dernier voyage de son pontificat, le Pape polonais alors âgé de 84 ans et très affaibli par la maladie, a célébré le 15 août, la messe de l’Assomption sur la prairie du sanctuaire.

En septembre 2008, Benoît XVI qui s’était rendu à Lourdes à l’occasion du 150e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous, avait célébré le 14 septembre, jour de la fête de la Croix Glorieuse, la messe sur la prairie du sanctuaire. Puis, le lendemain, en la fête de Notre-Dame des Douleurs, une messe particulièrement destinée aux malades. Six cardinaux devenus Papes ont également effectué leurs pèlerinages avant leur élection.

La «chapelle de Mgr Laurence»

Ce dimanche 27 septembre 2026, une vive émotion a enveloppé les fidèles lors de la célébration eucharistique présidée par Léon XIV, et les regards ont témoigné d’une intense communion dans la prière. Sur un podium de 600 m², a été installée la statue de Notre-Dame de Lourdes, encensée solennellement par le Pape, à l’entame de la messe.

Conversion et pénitence

Dans son homélie prononcée en français, Léon XIV face à l’assemblée, a, dès ses premiers mots, affirmé voir «le visage universel de l’Église». «Quel bonheur d’être ensemble, un seul cœur, une seule famille!», s’est-il réjoui. Se référant aussitôt aux textes liturgiques de ce dimanche, qui «rejoignent un aspect central du message que la Vierge Marie est venue confier à sainte Bernadette: un appel, tendre et pressant, à la conversion», le Pape a rappelé une nécessité: «C’est aujourd’hui –pas demain– qu’il faut se convertir; c’est aujourd’hui le moment favorable, le jour du salut» (cf. 2 Co 6, 2).

“Dieu désire que l’homme vive, qu’il ouvre les yeux et retourne à Lui. Les appels à la pénitence résonnent sans cesse dans les Saintes Écritures”

Se convertir, a expliqué Léon XIV, «c’est quitter les chemins de l’errance pour s’engager sur la voie de la vie, en ouvrant notre cœur à la seule joie qui ne passe pas». La Vierge «nous demande de faire pénitence, non seulement pour nous-mêmes qui en avons besoin, mais aussi «pour les pécheurs», pour un monde qui va mal». Le Pape soutient que le mal que connaît notre époque «vient du cœur de l’homme, Dieu n’en est pas responsable».

“Ce n’est pas ma conduite qui n’est pas bonne – dit-il aux fils d’Israël –, c’est la vôtre » (Ez 18, 25). C’est donc le cœur des hommes qu’il faut changer, à commencer par le nôtre.”

L’exigence de conversion «engage l’Église elle-même dans son pèlerinage terrestre», qui doit «avoir le courage de vivre cette conversion en premier lieu. Pour guérir des blessures profondes, des infidélités et des égarements douloureux commis en son sein, nous devons nous tenir humblement sous le regard purificateur du Seigneur». «Reconnaître nos propres fautes est indispensable à notre progression spirituelle, comme l’écrivait Saint Augustin: “Que te déplaise toujours ce que tu es, si tu veux atteindre ce que tu n’es pas”».

Le bonheur véritable est promis à tous, en espérance, a lancé le Pape. La Vierge Marie a déclaré à sainte Bernadette: «Je ne te promets pas d’être heureuse en ce monde mais dans l’autre». Une promesse qui «résonne avec une force particulière en cette terre de France et bouscule nos mentalités contemporaines».

La grotte des apparitions

Évoquant la grotte de Massabielle, le Pape a rappelé que face aux courants actuels qui cherchent à redéfinir la valeur de la vie humaine devant la maladie, la souffrance ou la vieillesse, elle se dresse comme un «sanctuaire de l’espérance chrétienne. Ici, aucune fragilité n’est rejetée. Vos béquilles, vos fauteuils roulants, vos larmes cachées ne sont pas des obstacles».

Ils sont, pour Léon XIV, «le lieu par excellence où vous êtes pleinement respectés, accueillis et transformés par l’amour infini de Dieu. Lourdes est le lieu béni d’une profession de foi en la beauté et la sacralité de la vie», car «elle y est accueillie comme un don précieux de Dieu, appelé à s’épanouir pour l’éternité dans l’amour du Père».

Les malades et pèlerins

Le Pape s’est ensuite adressé aux malades venus nombreux à Lourdes, près de 7 000 participaient à la messe, les réconfortant par ses propos: «Vous êtes vraiment au cœur de l’Église, et votre rôle est irremplaçable. Il vous est possible de vivre vos peines et vos douleurs dans cet esprit d’offrande, pour entrer dans la démarche rédemptrice dont le monde a tant besoin».

Aux pèlerins, Léon XIV a déclaré: «Frères et sœurs, vous ne repartirez pas de Lourdes comme vous y êtes arrivés: vous repartirez en missionnaires de l’espérance! Tel est le miracle de ce lieu: susciter la joie de l’espérance au cœur même de l’épreuve et de la peine. La Vierge Marie guérit nos regards et transfigure nos cœurs en leur donnant la paix».

Marie, une mère qui enveloppe l’Église de son manteau

Le Souverain pontife les a encouragés à devenir, dans leurs pays, diocèses et familles, «les témoins actifs de cette force et de cette tendresse divines qui nous permettent de continuer la route et d’atteindre le but. Portés par la prière des malades et l’amour de notre Mère, marchez avec confiance vers l’avenir». Les tempêtes du monde ne sont pas à craindre, a-t-il rassuré, car «la sainte Mère de Dieu veille sur notre marche, elle enveloppe l’Église de son manteau de tendresse; Étoile radieuse du matin, elle guide nos pas pour nous enfanter, dans la joie, à la vie même de son Fils Jésus».

Dans son homélie, Léon XIV n’a pas manqué de remercier les fidèles présents qui ont foulé «le sol de cette terre bénie qui a reçu tant de grâces». «Certains de vous ont traversé des continents, surmonté des fatigues, apporté vos joies et vos fardeaux jusqu’à cette Grotte sacrée», a déclaré l’évêque de Rome, souhaitant que ce «pèlerinage ravive la flamme de la foi dans vos foyers et dans vos paroisses». «Portez le réconfort de Lourdes à vos voisins, à vos proches et à tout le peuple français» a-t-il lancé.

“Portez le réconfort de Lourdes à vos voisins, à vos proches et à tout le peuple français.”

À l’issue de la messe et avant la récitation de la prière de l’Angélus, le Pape a fait don d’un calice à l’évêque de Tarbes et Lourdes, Mgr Jean-Marc Micas, qui a souligné que «de la source qui coule au fond de la Grotte, à la source eucharistique qui coule du côté de Jésus crucifié, la vie des pèlerins de Lourdes est confiée à l’amour miséricordieux de Dieu qui entend le cri de son peuple et prend pitié de ses enfants». En souvenir de ce jour, l’évêque a offert au Pape, un tableau et une croix: le tableau représente la grotte des apparitions, humble source où la complicité de Marie et de Bernadette est un havre de paix et de vie pour tous; la croix, faite avec le bois de l’églantier originel de la grotte, est un humble témoin des apparitions. Ce bois tordu et épineux évoque le Golgotha où le Fils de l’homme «donne sa vie afin que le monde ait la vie, la vraie vie, en abondance».