Mgr Joseph Sebastien Muyengo plantant un arbre après la presentation de son livre/ Junior Kitambala/LCA

Le pape François, le patriarche Bartholomeos 1er et le Dr Justin Welby, archevêque de Cantorbéry ont publié, mardi 7 septembre, un « message conjoint pour la protection de la création ». L’occasion pour La Croix Africa de faire un tour d’horizon des initiatives prises par les Églises africaines ces dernières années pour promouvoir l’écologie intégrale.

Lucie Sarr
9 septembre 2021
https://africa.la-croix.com/

Six ans après la publication de son encyclique Laudato Si’, portant sur la protection de la nature, le pape François a cosigné, le 7 septembre, avec le patriarche Bartholomeos 1er, primat de l’Église orthodoxe de Constantinople et Dr Justin Welby, primat de l’Église anglicane, un message sur la protection de la nature. Cette publication intervient un an après l’année spéciale « Laudato Si’ » décrétée en mai 2020 par le Saint-Père pour marquer le cinquième anniversaire de l’encyclique éponyme.

Ces dernières années, les Églises de plusieurs pays africains ont lancé un certain nombre d’initiatives pour la protection de la nature. Même si, comme le souligne le père Franck Allatin, recteur de la Basilique Notre-Dame-de-la-Paix de Yamoussoukro, dans le centre de la Côte d’Ivoire, « Il faut que la voix de l’Église en Afrique se fasse plus audible sur l’état de notre planète ».

Bassin du Congo

L’Église de RD-Congo forme, avec celles de cinq autres pays d’Afrique centrale – Cameroun, Gabon, République centrafricaine, la Guinée équatoriale, République du Congo –, le Réseau ecclésial du Bassin du Congo (Rebac).

Créée en 2015, dans la mouvance de Laudato Si’, cette structure a pour but de favoriser la protection du Bassin du Congo, deuxième poumon de la planète après l’Amazonie. Pour se faire entendre, les Églises de ces six pays du Bassin du Congo ont opté pour un « plaidoyer, via une information correcte, sans accusation abusive » mais aussi la sensibilisation de la population « pour qu’elle se prenne en charge en adoptant un comportement responsable ».

En plus de cette structure sous-régionale, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) comporte une Commission épiscopale pour les ressources naturelles (Cern). Celle-ci a organisé, du 21 au 24 juin, en présence du cardinal Peter Turkson, préfet du Dicastère pour le développement humain intégral, une session sur l’environnement et les ressources naturelles.

Au cours de cette rencontre, le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a lancé un appel à ses homologues de l’épiscopat. « S’engager en tant qu’évêque à la protection et à la sauvegarde de la nature est une marque de notre communion envers le pape et entre nous, a-t-il estimé. En effet, devant le désastre causé par la violence que nos sociétés modernes insatiables exercent contre la nature, le pape François a levé l’option d’interpeller tous les protagonistes sur l’urgence de la protéger ».

Afrique de l’Ouest

Les évêques, prêtres et laïcs membres des Caritas, Commissions justice et paix, et pastorale des migrants des conférences épiscopales d’Afrique de l’ouest ne sont pas en reste sur la question environnementale. Ils se sont, en effet, penchés sur le thème des « droits fonciers et environnementaux de la communauté » du 9 au 14 mars 2020. À cette occasion, la Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’ouest (Cerao) a sonné l’alerte sur les violations commises par les sociétés transnationales sur les communautés autochtones. Il s’agit notamment du non-respect des droits des communautés sur leurs terres, la pollution de l’eau et de l’environnement qui ont pour conséquence le chômage, la migration illégale, l’insécurité alimentaire, le changement climatique.

Dans cette partie occidentale de l’Afrique, les initiatives en faveur de la protection de la nature se multiplient. C’est le cas de la journée de reboisement organisée, fin juin, par la quasi-paroisse Enfant-Jésus-de-Prague, dans le diocèse de Dakar, mais également du jardin botanique ouvert par la paroisse Sainte-Joséphine Bakhita d’Abomey-Calavi, zone péri-urbaine de Cotonou. En outre, des fermes écologiques sont développées par de nombreuses congrégations religieuses et les sensibilisations paroissiales à l’usage d’emballages écologiques à la place des sachets en plastique se multiplient. Elles sont notamment initiées par des associations de jeunes devenus de véritables « ambassadeurs de la nature ».

Enfin, l’Église catholique du Ghana est l’un des plus grands soutiens à l’initiative « Ghana vert » lancé par gouvernement de ce pays d’Afrique de l’Ouest et dont le but est de planter cinq millions d’arbres en 2021. Par la voix de son président, Mgr Philip Naameh, archevêque de Tamale (Nord), la Conférence des évêques catholiques du Ghana (Gcbc) a annoncé le 7 juin, son engagement à « planter un million d’arbres pendant la saison des pluies de cette année ».

Afrique de l’Est

« Nos enfants et nos petits-enfants ne devraient pas avoir à assumer les coûts de l’irresponsabilité de notre génération », avait estimé lecardinal Peter Turkson, préfet du Dicastère pour la promotion du développement humain intégral, au cours d’une conférence organisée par Réseau catholique de jeunes pour la durabilité environnementale en Afrique en 2019, au Kenya. Dans ce pays touché par un problème de désertification, le diocèse de Nairobi s’est fixé, pour objectif en 2018, de planter un million d’arbres, notamment grâce à des campagnes de reboisement dans les paroisses et institutions catholiques.

Toujours dans la partie orientale de l’Afrique, la Commission épiscopale chargée de l’éducation en Ouganda a lancé, depuis 2019, le projet « verdir l’école ». Au cours de la première phase, des arbres ont été plantés sur environ 15 000 hectares de terrain dans huit diocèses. Ce projet soutenu par le ministère ougandais de l’environnement fournit « des variétés d’arbres qui sont respectueuses de l’environnement mais aussi bénéfiques pour toutes les écoles catholiques fondées à travers le pays ». À terme, il devrait être étendu aux paroisses et communautés ecclésiales de base.