Résurrection du Christ

Messe du jour de Pâques

  • Première lecture « Nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts » Ac 10, 34a.37-43
  • Psaume Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! Ps 117 (118), 16-17, 22-23)
  • Deuxième lecture « Recherchez les réalités d’en haut, là où est le Christ » Col 3, 1-4
  • Deuxième lecture « Purifiez-vous des vieux ferments, et vous serez une Pâque nouvelle » 1 Co 5, 6b-8
  • Évangile « Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts » Jn 20, 1-9
  • Évangile « Reste avec nous car le soir approche » Lc 24, 13-35

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,1-9.
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.


Ce qui s’est passé

Au départ nous avons un prophète galiléen qui a fait un certain bruit ; bruit qui n’a d’ailleurs pas eu d’écho en dehors de cette petite région qui va de la Galilée à la Judée. Il a surpris ses contemporains au point qu’ils se sont posé la question de son identité : « qui est-il ? », « d’où vient-il ? ». Il s’est attaché des disciples et a suffi­samment inquiété les autorités en place pour qu’on le mette à mort. Personne n’écrit une ligne sur lui à ce moment-là : rien qui ressemble à nos reportages ou articles. Tout s’inscrit dans les mémoires. Sur­ vient une nouvelle stupéfiante : il est redevenu vivant. On peut tou­jours dire des choses de ce genre et on peut bien trouver des témoins qui affirmeront qu’ils ont vu le ressuscité. Pascal a beau dire qu’il croit les témoins qui se font tuer pour soutenir leur témoignage, cela ne convainc pas totalement. Notons pourtant que si l’on trouve des gens capables d’affronter la mort pour soutenir une cause ou une idée, on en trouve peu qui soient capables de mourir pour attester un fait.

L’étonnant, c’est la suite

Ce genre de nouvelle n’a jamais remué beaucoup de monde. Ce qui est unique avec Jésus, c’est que, mysté­rieusement, des gens de plus en plus nombreux se sont mis à croire cela. « Mystérieusement», car d’une part c’est incroyable, d’autre part les destinataires du message n’ont que la parole et les actes des témoins pour fonder leur foi. La résurrection de Jésus n’est pas une «preuve» et n’a pas de preuve : elle est appel à la foi. Autre fait unique, c’est le dynamisme extraordinaire qui s’empare des témoins. On dirait qu’ils se déchaînent. Un dynamisme qui les fait parler et agir mais qui leur donne aussi une sorte de pouvoir sur les choses (voir les miracles, les «signes» retenus par les Actes des apôtres). La puissance qui a ressuscité Jésus est aussi à l’œuvre dans les croyants, et c’est là qu’on peut la toucher du doigt. Ces témoins sont des juifs : ils découvrent que cette résurrection est en cohérence avec tout ce qu’ils ont lu dans l’Écri­ture, que c’était cela qui se préparait, que toute cette histoire devait aboutir à cela : Jésus est ressuscité « selon les Écritures », qu’ainsi il « accomplit ».

Cela continue

Voici donc des témoins conscients qu’ils sont en pos­session de la clé de toute l’histoire. Ce Jésus qui est là depuis le commencement, puisque toute l’histoire le prépare (la Bible ne révèle pas seulement le sens de l’histoire d’Israël mais, à partir d’Israël, le sens de l’histoire du monde), ce Jésus est aussi l’homme de la fin ; nous sommes encore en route mais c’est pour le rejoindre là où il est ; pour rejoindre sa résurrection. C’est là que le dynamisme dont j’ai parlé (mot assez impropre) nous conduit. Le dynamisme est l’Esprit lui-même. La parole va se faire écrit. Un écrit qui sort de la communauté des croyants porteuse de l’Esprit ; un écrit à partir duquel, aussi, la commu­nauté se constitue et se perpétue. Cet écrit va être rédigé de façon à nous montrer que le Christ est la Parole qui fonde, soutient, conduit et remplit l’univers. Le Corps des croyants est le lieu où prend chair le Christ-Parole.

Et maintenant

Parlant des disciples du Christ, le docteur de la Loi Gamaliel disait : « Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à ces hommes (…). Ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les : si leur entreprise vient des hommes, elle disparaîtra d’elle-même ; mais si vraiment elle vient de Dieu, vous ne pouvez pas la faire disparaître et vous risquez de vous en prendre à Dieu » (Actes 5,35-39). Nous en sommes là : rien n’a pu faire «disparaître cette entreprise ». Le miracle des miracles, celui qui porte témoignage à la puissance de la résurrec­tion, c’est que vingt siècles après la mort de Jésus de Nazareth, des hommes et des femmes se mettent à croire. La « preuve » de la foi, c’est notre foi elle-même. Une foi « au Dieu qui avec de la mort fait de la vie » (Romains 4,17). Le miracle c’est que la Parole continue à se donner un corps qui a nom Église.

https://croire.la-croix.com


Jésus Ressuscité entre dans la gloire de son Père. Il remonte vers le Père, comme il le dit à Marie-Madeleine. Il remonte vers le Père pour nous communiquer cette gloire qu’il avait avant que le monde fût.

Et quelle est cette gloire qui va transfigurer notre vie, lui donner une valeur incomparable ? Cette gloire, c’est l’Esprit saint qu’il va répandre dans nos cœurs. Cette gloire, c’est la Présence de Dieu, c’est son habitation au plus intime de nous.

Le ciel, dit le Pape saint Grégoire, c’est l’âme du juste. Voilà que le ciel vient en nous. Voilà que Dieu nous habite, que notre vie est identifiée avec la sienne ! Chacun de nous s’interroge : quelle est la valeur de ma vie ? Chacun de nous veut être unique. Il veut que sa vie ait un sens. Il veut qu’elle ne soit pas vécue en vain.

QUEL HONNEUR SI, AU SOIR DE CE JOUR, CHACUN DE NOUS PEUT DÉCOUVRIR DANS LE SILENCE DE SON COEUR CETTE PRÉSENCE DU SEIGNEUR RESSUSCITÉ

Comment notre vie peut-elle être unique sans faire tort aux autres ? Sans nous retrancher de la communion humaine ? Mais voilà justement le miracle et le mystère : c’est qu’en Dieu le secret de chacun, l’unicité de chacun et son universalité se confondent, parce que toute grâce est une mission, parce que celui qui reçoit Dieu, son cœur s’ouvre à l’infini et devient capable d’être une présence à tous les hommes.

Et c’est là justement le mystère merveilleux de l’Eglise, qu’elle réalise d’une manière unique, cette possibilité de relier les deux pôles de la vie commune, de la vie sociale ensemble et seul. On ne peut pas former une communauté sans vivre ensemble, mais on ne peut pas former une communauté véritablement humaine, sans que sa propre solitude soit reconnue et respectée. Car finalement la communauté vaut ce que vaut la solitude de chacun.

Si vous assistez à un concert, si les artistes sont dignes de la musique qu’ils présentent, si toute la salle est unanime à écouter, si elle est une seule respiration, une seule aspiration vers la beauté, chacun éprouve cette beauté d’autant plus profondément que le silence est plus total. Mais cette beauté, il l’éprouve comme le secret le plus intime de son cœur.

C’est là l’image d’une société parfaite, d’une société véritablement humaine : ensemble et seul. On communie ensemble à un bien suprême, mais qui est intérieur à chacun et qui est le secret le plus intime de sa personne. Et c’est cette gloire, justement, que Jésus veut nous communiquer, quand Il répand son Esprit dans nos cœurs. Et c’est cette gloire en laquelle nous nous enracinons dans la mesure où nous vivons le mystère de l’Eglise.

Car l’Eglise a ses assises dans la conscience de chacun. Chacun de nous doit devenir toute l’Eglise. Sans doute, chacun dans l’Eglise n’a pas la même fonction, mais tous les chrétiens ont la même mission d’être les porteurs de Dieu, d’être les porteurs du Christ et, par leur vie même, de témoigner de sa Présence en le communiquant.

C’est cela qui nous remplit de joie en voyant le Christ Ressuscité et remonté vers son Père, et devenir, à la droite du Père, le dispensateur de la gloire divine qui est répandue dans nos cœurs. par l’Esprit qui nous est donné. C’est cela qui nous remplit de joie parce que chacun d’entre nous peut entrer dans une grandeur infinie, parce que chacun de nous est vraiment chargé d’une mission universelle, parce que la vie la plus humble, la plus cachée – une femme qui se livre aux travaux obscurs du ménage – cette vie peut rayonner sur le monde entier et lui apporter la vie éternelle.

Quel honneur si, au soir de ce jour, chacun de nous peut découvrir dans le silence de son coeur cette Présence du Seigneur Ressuscité. Et, si chacun de nous se sent promu, élevé, magnifié par ce don de Dieu, si chacun de nous acquiert par là un plus grand respect de sa vie et prend cette admirable résolution d’être digne de cette mission et d’apporter partout où il va – sans le dire, mais dans l’amour même du Dieu qu’il porte en lui-même – si chacun s’efforce de communiquer aux autres ce merveilleux secret, en traitant l’autre avec un respect tel qu’il puisse découvrir au fond de son âme ce Christ qui est le Christ de tous, ce Christ qui est aussi le Christ de chacun, ce Christ qui nous appelle chacun par notre nom, ce Christ qui nous fait à la fois unis et universels.

Avec quel bonheur nous allons rendre grâce au Seigneur qui nous appelle à une telle dignité et qui nous envoie dans le monde pour être un Evangile vivant, qui nous envoie dans le monde pour porter la paix et la joie, qui nous envoie dans le monde pour que chacun se sente infiniment aimé par ce Christ qui est notre frère et notre Dieu !

Homélie de Maurice Zundel, donnée à Beyrouth le 2 avril 1972
Par Maurice Zundel
http://www.mauricezundel.com


L’Évangile selon Saint Matthieu nous introduit, cette nuit, au mystère de Pâques. Le récit est empreint de gravité. Il prend même une tournure extrêmement dramatique, suscitant d’autant plus notre curiosité. Nous sommes plongés dans l’insolite d’un événement surnaturel. Les phénomènes rapportés font peur. L’Ange du Seigneur seul nous rassure par sa présence et par la facilité avec laquelle il opère. Il se déploie avec force et majesté. Les gardiens placés en vigilance auprès du tombeau sont terrifiés, bouleversés.

Il est normal que les femmes qui s’amènent sur les lieux très tôt le matin, soient elles aussi bouleversées. L’Ange s’empresse de leur dire le sens de ce qui se passe. Elles sont les témoins privilégiés d’un événement inouï. Pourquoi elles ?

Nous retrouvons en ce récit le scénario – surréaliste – que nous avions au début de l’Évangile de Matthieu, quand l’Ange du Seigneur intervient dans un songe auprès de Joseph pour l’inviter à entrer dans un projet qui le dépasse, à savoir la naissance virginale du Sauveur et le rôle de père adoptif attendu de lui. Sauf qu’ici, au matin de Pâques, ce n’est plus dans un songe que l’Ange du Seigneur se manifeste.

Quand Dieu intervient, il est normal qu’il utilise des moyens inusités, mêmes surnaturels, pour s’expliquer. Comment autrement nous faire savoir la vérité et le sens de ce qui arrive? Le récit d’évangile, cette nuit, fait appel à notre sensibilité croyante, capable de saisir les signes, ouverte au langage de Dieu. La foi seule nous donne en effet de porter une attention personnelle au message qui peut nous instruire sur une réalité autrement inaccessible, la vie du Ressuscité.

Et si nous parlions davantage de celles qui nous sont données en exemple dans l’évangile de cette nuit : les quelques femmes venues au tombeau ? Sont-elles seulement un relais utilisé par le messager divin pour rejoindre les disciples? Je ne pense pas. C’est vrai qu’elles sont tout de suite envoyées en mission d’annonce de la bonne nouvelle auprès de ces hommes que Jésus considère comme ses frères. Mais peut-être y a-t-il une autre merveille à voir dans ce récit? À savoir la position privilégiée de ces femmes et leur aptitude intime à découvrir l’œuvre toute-puissante de Dieu en train de s’accomplir. Ne sont-elles pas naturellement disposées à accueillir l’œuvre de création, la nouvelle création que Dieu réalise ?

Nous voyons que ces femmes sont en avance sur les hommes quand il s’agit d’aller vers le Seigneur; déjà elles en ont pris l’initiative; elles ont payé de leur personne généreusement, courageusement pour arriver jusqu’à lui si tôt le matin. On dirait qu’elles ont par nature une affinité particulière avec la vie, avec la nouveauté, avec l’inédit de Dieu manifesté dans le Christ ressuscité ?  Il y a là de quoi prendre conscience de l’importance des femmes et du féminin dans le monde, dans l’Église, dans nos sociétés. Les femmes ont des antennes pour capter la vie; elles ont des bras et un cœur et un corps pour porter la vie, pour faire vivre. Joseph autrefois reçut en secret l’annonce qui faisait de lui le père adoptif de l’enfant à naître. Il s’agit maintenant de rien de moins que de l’enfantement du Ressuscité dans le cœur des croyants et des croyantes. N’est-il pas significatif de voir deux femmes, Marie Madeleine et l’autre Marie, devenir les toutes premières pour l’accueil et la transmission de l’heureux message.

La consigne répétée aux deux femmes de convoquer les disciples en Galilée est d’ailleurs, elle aussi, surprenante et significative, un peu dans le même sens. N’auront-elles pas un rôle quasi maternel à jouer à l’endroit des futurs apôtres ? Pourquoi d’ailleurs faut-il que les disciples se rendent là-bas pour voir Jésus? Sinon parce que la Galilée, c’est l’endroit d’où ils viennent. Ils sont nés là-bas. Ils ont grandi sur le bord du lac. C’est là qu’ils ont leurs racines, leurs sources au plan humain, leur Alma Mater. La Galilée est aussi le lieu où ils ont fait leurs premiers pas de disciples; ils y ont appris le Christ en ses débuts ?  La Galilée c’est un lieu de brassages humains, de gestation et d’affluences culturelles et religieuses multiples. La Galilée des nations, n’est-elle pas dès lors le lieu idéal, le creuset, la matrice  où promouvoir l’annonce de l’Évangile et faire naître l’espérance chrétienne ?

L’accès au Ressuscité passe par nos sources, nos origines, nos sensibilités, nos racines, notre quotidien retrouvé dans une fréquentation authentique du Seigneur de la Parole. Encore et toujours il nous précède?  Il vient vers nous de façon inattendue dans ce qui fait notre vie ordinaire, nos humbles rites, tel celui, au cœur de la nuit, de cette eucharistie qui bientôt nous rassemble et nous donne de faire mémoire de Lui dans la confiance, le bonheur de vivre et la joie retrouvés.

Par Jacques Marcotte, o.p.
http://www.spiritualite2000.com


“Le premier jour de la semaine” (Evangile, v. 1), Jésus est ressuscité! Explose la vie, commence la nouvelle histoire de l’humanité, rien n’est plus comme avant, tout a un sens nouveau, positif, définitif. L’annonce de ce fait historique –qui est le trésor qui fonde la communauté des croyants- rebondit de maison en maison, d’église en église, à chaque latitude, dans tous les coins du monde; cette annonce devient ‘évangile = bonne nouvelle’ pour tous les peuples. “Le sépulcre vide est devenu le berceau du christianisme” (S. Jérôme). Le tombeau vide a marqué pour Jean le pas décisif de la foi: il court au tombeau, “en se penchant, il voit que le linceul est resté là; cependant il n’entra pas”; ensuite il entra avec Pierre, “il vit et il crut” (v. 4.5.8). C’est le commencement de la foi en Jésus ressuscité, qui se renforça après, quand les disciples virent Jésus vivant. “Le fait principal dans l’histoire du christianisme réside dans un certain nombre de personnes qui affirment avoir vu le Ressuscité” (Sinclaire Lewis).

Depuis toujours, l’Eglise missionnaire donne naissance à de nouvelles communautés de fidèles justement en annonçant que Jésus Christ est le Fils de Dieu, crucifié et ressuscité. C’est bien Lui, la raison principale et le fondement de la mission. Le fait historique de la résurrection du Christ, survenu autour de l’année 30 de notre ère, constitue le noyau central et explosif du message chrétien, tandis que la catéchèse en enrichit les contenus et en inspire la méthodologie. La mission porte le message de vie qui est le Christ Lui-même: le Vivant par sa résurrection, après sa passion et sa mort. C’est cela le kérygme, l’annonce essentielle pour ceux qui ne sont pas encore chrétiens; et l’annonce fondamentale aussi pour réveiller et purifier la foi de ceux qui s’arrêtent presque exclusivement sur la première partie du mystère pascal. Il y a des chrétiens, en effet, qui s’arrêtent presque exclusivement sur la première partie du mystère pascal. Il y a en effet des chrétiens qui concentrent leur attention au Christ souffrant de la Passion, et ne se livrent presque pas au défi de la foi au Christ ressuscité. Il leur semble plus facile et consolateur de s’identifier avec le Christ mort, surtout quand on vit des situations de souffrance, de dépression, de pauvreté, d’humiliation, de deuil … En réalité, cette consolation ne serait qu’illusion; la consolation véritable acquiert sa solidité seulement par la foi en Jésus Christ ressuscité. La mission est un événement éminemment pascal, parce qu’elle s’enracine et trouve ses contenus dans la Résurrection du Christ.

La foi s’impose peu à peu : Marie de Magdala, Pierre et Jean, tous ont couru au sépulcre avec l’intention de récupérer un cadavre qui avait disparu. Ils n’étaient pas prêts à accueillir un événement débordant largement leurs prévisions et leurs attentes. Ce n’est que plus tard qu’ils sont arrivés à la foi dans le Seigneur ressuscité. Pour en devenir les témoins et les annonciateurs courageux (I lecture): “Nous sommes témoins… témoins choisis par Dieu… Il nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner…” (v. 39.41.42). Depuis lors, le chemin ordinaire de la transmission de la foi chrétienne est le témoignage de personnes qui ont cru avant nous. C’est pour cette raison que nous professons que la foi est apostolique: parce qu’elle est enracinée dans la foi des Apôtres et dans leur témoignage.

Le témoignage, qui unit l’annonce et la cohérence de la vie, est la première forme de la mission (AG 11-12; EN 21; RMi 42-44). Les vrai témoins du Ressuscité sont des personnes ‘contagieuses’. Les personnes que l’Evangile de Jésus ressuscité a transformées, qui vivent les valeurs supérieures de l’esprit (II lecture), sont les seules personnes capables de ‘contaminer’ (positivement) d’autres personnes et de les intéresser aux mêmes valeurs telles que l’acceptation et la sérénité dans la souffrance, l’espérance devant la mort, la prière comme abandon dans les mains du Père, la joie dans le service des autres, l’honnêteté à toute épreuve, l’humilité et la maîtrise de soi, la promotion du bien des autres, l’attention aux besoins des derniers, le témoignage de l’Invisible… C’est ainsi que s’étend et se réalise la mission, encore avant et mieux qu’à travers les structures et la hiérarchie. “Célébrera sa Pâques avec le Christ celui qui sait aimer, qui sait pardonner… avec un cœur grand comme le monde, sans ennemis, sans rancune”: ainsi enseignait dans une de ses catéchèses l’évêque Mgr. Oscar Arnulfo Romero, peu de temps avant d’être assassiné à San Salvador le 24 mars 1980. Voici donc la seule bonne nouvelle dont le monde a besoin, l’Evangile que tous ont le droit de connaître! Et que l’Eglise missionnaire doit porter à tous les peuples.