1er dimanche de Carême – A
Matthieu 4,1-11

Références bibliques
- Lecture de la Genèse : 2. 7 à 3. 7 : « Vous serez comme des dieux. »
- Psaume 50 : « Renouvelle et raffermis mon esprit au fond de moi-même. »
- Lettre de saint Paul aux Romains : 5. 12 à 19 : »Combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme : Jésus-Christ. »
- Evangile selon saint Matthieu : 4. 1 à 11 : « Vivre de toute parole qui vient de la bouche de Dieu. »
Avec le Christ, retrouver le bon chemin
Jacques Marcotte, op
Alors que nous constatons les dégâts causés par les inondations, les feux et les sécheresses, et les méfaits de tempêtes hors de l’ordinaire, nous sommes consternés et inquiets. Nous prenons conscience de la fragilité de notre condition humaine face à de tels phénomènes. Nous sommes en danger sur la terre. Alors même que nous sommes bien chanceux d’y résider.
N’habitons-nous pas, en effet, un jardin merveilleux où il fait bon vivre ? Nous aimerions vivre toujours, tellement c’est beau et bon la vie. Pourquoi ne pas en profiter pleinement? Notre monde est stimulant, nous pouvons aussi le transformer. Avec les hommes et les femmes de notre entourage nous pouvons nous entendre et partager l’amitié, la vie de famille, des projets de toutes sortes. Nous pouvons rêver d’harmonie, de justice et de paix.
Tout cela, c’est beau et bon! Utopique aussi. Car nous connaissons bien des dérapages. Nos passions nous emportent vers le meilleur, mais aussi parfois vers le pire. Notre envie de possession et de domination n’a pas de limite. Nous avons du mal à nous contrôler, à nous discipliner. Et c’est le gâchis! À qui la faute? Difficile souvent de partager les torts. Ce qui est sûr, c’est que le beau jardin est en train de devenir un désert. Et c’est bien triste !
La scène des tentations que rapporte l’évangile nous invite à revoir avec le Christ nos options profondes si nous voulons retrouver en lui le chemin du Jardin perdu. La mise en scène de S. Matthieu nous montre Jésus conduit au désert par l’Esprit. Après 40 jours et 40 nuits de jeûne, Jésus a bien raison d’avoir faim. Que va-t-il faire, lui, le Fils de Dieu? Ne devrait-il pas être au-dessus de cela ? Ne peut-il pas arranger les choses en sa faveur ? N’est-il pas en mesure d’échapper aux limites de la condition humaine, pour sortir de l’impasse où il se trouve? Or il choisit le pain que le Père lui offre, le projet d’alliance, de communion avec nous. Il restera pauvre et vulnérable par fidélité à notre condition charnelle. Il ira jusqu’à la croix. Et nous qui acceptons si mal nos limites, rêvant d’évasion, faisant tout pour échapper à nos servitudes.
Jésus parce qu’il est le Fils, n’a-t-il pas un statut qui oblige le Père à son endroit ? Or il choisit de faire confiance. S’exposer inutilement ce serait tenter Dieu, le mettre à l’épreuve. Ça ne se fait pas. Et nous qui courons les dangers, prenant des chances, nous disant que Dieu s’il est si bon nous tirera bien de tous nos embarras.
Enfin nous voulons tout voir, tout avoir, tout savoir, être comblés d’honneurs et de richesses. Cet appétit va-t-il trouver écho en lui ? Jésus bien sûr aime le monde, il croit en l’être humain. Mais il ne se met pas à genoux devant le premier venu. Il ne s’incline pas devant l’esprit du monde. Dieu seul compte, lui seul vaut qu’on se prosterne devant lui. Et nous qui fréquentons volontiers les gourous et les charlatans. Nous sommes prêts à tout pour la renommée, les honneurs, le pouvoir et la gloire.
Frères et sœurs, voilà le défi ou l’enjeu de notre carême : retrouver le juste chemin, les bonnes attitudes devant la vie, suivre le modèle corrigé, qui est le Christ, faire un avec lui. Car il est bien plus qu’un modèle. Il nous donne de retrouver dans le mystère de sa fidélité la juste orientation et la rectitude que nous avions perdues en Adam. Le Carême, c’est l’occasion de revenir au meilleur de nous-mêmes, de nous convertir, en communiant au Christ dans ses choix et ses valeurs, pour retrouver en lui notre force, notre fidélité, notre beauté première.
Par Jacques Marcotte, o.p.
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« Si tu es le Fils de Dieu »
Marcel Domergue, sj
Au Baptême, préfiguration de son passage par la mort, Jésus vient d’entendre la «voix venue des cieux» dire de lui : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; il a tout mon amour ». Aussitôt, il va revivre pendant quarante jours l’épreuve traversée par son peuple pendant quarante ans, nombre symbolique représentant la totalité d’une existence. Épreuve de la faim, de l’impuissance devant les peuples rencontrés, d’une marche qui n’en finit pas… Le Fils de Dieu, et à sa suite tous les fils de Dieu que nous sommes, sera tenté de choisir la sécurité du «pain quotidien» par l’accumulation de richesses, l’occupation des premières places, l’illusion du pouvoir et de la toute-puissance dans la famille, dans la cité, dans le monde. Souvenons-nous : on demandera à Jésus de « faire un signe dans le ciel », on voudra le faire roi, on attendra de lui qu’il chasse les Romains et qu’il rétablisse la souveraineté d’Israël… Jésus n’a utilisé sa puissance que pour guérir et pour nourrir. Il demande à ceux qu’il a guéris de ne pas faire de publicité à ce sujet. Quand sa vie sera menacée, il ne demandera pas de légions d’anges. Nous devons croire que Jésus a vraiment été tenté par nos ambitions classiques, et au-delà. De même, il a connu notre chagrin, par exemple à la mort de Lazare ; nos déceptions, par exemple devant l’incrédulité de ses concitoyens. De même la faim, la soif, la fatigue, etc. Dieu s’est fait homme et, sauf le péché, nous dit l’Écriture, il a vécu tout ce que nous avons à vivre. C’est dans la manière dont il a vécu son humanité qu’il s’est révélé Dieu. Il a résisté à la tentation d’être un « surhomme ». C’est certainement pour cela, pour la déception qu’il a provoquée, qu’il a été crucifié ; comme un « sous-homme ».
La dernière tentation
« Si tu es le Fils de Dieu, fais que ces pierres deviennent du pain ». À l’autre extrémité de sa vie, Jésus entendra : « Si tu es le Fils de Dieu, descends maintenant de la Croix… » Déjà, pendant le procès, le grand-prêtre lui avait dit : « Dis-nous si tu es le Christ, le Fils de Dieu… » On le voit, la question d’identité se pose tout au long des Évangiles. Aujourd’hui, elle se pose à chacun de nous. Qui est cet homme ? Les disciples devront attendre la Résurrection pour que la réponse s’impose. Pendant le procès, Pierre qui avait dit, en Matthieu 16,16 : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », répond à ceux qui l’interrogent sur son lien avec Jésus : « Je ne connais pas cet homme ». Descendre de la Croix et mener la vie de tout le monde sera sans doute la dernière tentation du Christ, celle qui résume toutes les autres. Mais il sait qu’il doit accomplir les Écritures. C’est pourquoi il répond au tentateur, à cette voix intérieure qui lui dit d’éviter le pire, en citant l’Écriture. Et pas n’importe quoi : le Deutéronome, la Loi. Le voici donc dans la situation de chacun d’entre nous. N’est-il pas lui-même ce Verbe qui sort de la bouche de Dieu pour nous dire, en premier lieu, la Loi ? Remarquons que le tentateur avait lui-même cité le Psaume 91. Nous pouvons donc faire mauvais usage de l’Écriture et la détourner de son sens. N’oublions pas que c’est au nom de la Loi que Jésus sera condamné (Jean 19,7). Cette Loi va être dépassée et remplacée par une Loi nouvelle, celle du Christ lui-même donnant sa vie par amour. Ainsi sera enfin dévoilé le vrai visage de Dieu.
Une clé pour ouvrir l’Évangile
Marcel Domergue
Disons tout de suite que ni la première lecture ni la deuxième ne doivent nous faire prendre Adam pour un personnage historique. Paul nous dit bien qu’il est « figure » (verset 14). Figure antithétique, en négatif, de celui qui devait venir, le Christ. Adam représente ce qui dans l’homme est refus de la confiance, donc, en fin de compte, de l’amour. Bref, Adam existe en chacun de nous.Mais regardons du côté du Christ. Dans notre évangile il vient tout juste de recevoir l’Esprit en vue de sa mission. Or, cet Esprit ne le ménage pas : tout de suite, il le pousse au désert. Il ne s’agit plus de l’Éden comme en Genèse 3 mais du désert provoqué par le refus de l’homme (Genèse 3,18). Là Jésus va reprendre l’histoire à son commencement pour réussir ce que l’homme antérieur avait raté. À son tour il va être soumis à la tentation fondamentale : refuser l’Autre en refusant sa parole, ne rechercher valeur et vérité qu’en soi-même. Israël lui aussi a connu la même tentation au désert, et c’est sans doute l’expérience de l’Exode qui se trouve symbolisée en Genèse 3. Le « récit » des tentations de Jésus est donc un texte clé qui donne le sens de tout ce qui va être relaté dans les Évangiles : le refus, jusqu’à la mort, de prendre le pouvoir, afin d’ouvrir aux hommes un chemin de liberté. Dieu, dans le Christ, va se faire le dernier et finalement donner sa vie pour la multitude.
L’invitation à mettre Dieu à l’épreuve
On se souvient du Psaume 95 : « Aujourd’hui ne fermez pas votre cœur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi, où vos pères m’ont tenté et provoqué (…) Quarante ans (ici quarante jours) leur génération m’a déçu… » Le défi ? « Dieu pourra-t-il nous dresser une table au désert ? » Dieu répondra par la Manne, « pain du ciel ». Ici nous lisons : « Fais que ces pierres deviennent du pain ». Faim des Hébreux, faim de Jésus, attrait du fruit « bon à manger », les textes se superposent. Mais chaque fois il s’agit bien de mettre Dieu à l’épreuve : est-il vraiment avec nous ? Est-il vraiment amour ? Faisons un test pour savoir si Dieu est bon ou mauvais : vouloir la connaissance du bien et du mal, c’est entreprendre de juger Dieu. Dans notre évangile, tout se passe comme si une voix intérieure disait à Jésus : Tu as entendu une voix qui te disait « Tu es mon Fils bien aimé, tu as tout mon amour. » On va bien voir, vérifions : « Si tu es Fils de Dieu, fais que ces pierres deviennent du pain (…) jette-toi du faîte du temple (…) adore le pouvoir et deviens le maître de tous les royaumes du monde ». Cette voix intérieure, d’où vient-elle ? Le texte parle du démon, mais le démon, le semeur de division, l’adversaire n’est-il pas comme une part de nous-mêmes ? Cette résistance à la révélation de l’amour qui nous fonde ? Le Christ a fait sien tout ce qui fait la condition humaine, sauf le péché, mais il n’a pas fait l’économie de la tentation.
Les tentations de Jésus et du missionnaire
Romeo Ballan, mccj
La célébration du Carême, “signe sacramentel de notre conversion” (oraison collecte), nous reconduit avec insistance aux thèmes essentiels du salut, et donc de la mission. Et d’abord, la primauté reconnue à Dieu, ensuite son amour pour l’homme, la rédemption qui nous est offerte dans le sacrifice du Christ, la lutte incessante entre le péché d’une part, et notre vie en communion avec Dieu d’autre part, et finalement les relations avec nos frères humains et la création, qui doivent être vécues dans la fraternité et le respect… Des sujets essentiels donc, qui ne concernent pas les seuls chrétiens, mais aussi tout être humain.
Les tentations de Jésus (Évangile) sont encore de l’ordre des épiphanies, c’est à dire des manifestations de son identité spirituelle. Comme déjà les Béatitudes, les tentations comportent des éléments autobiographiques qui nous aident à comprendre la personne de Jésus, ses préférences, ses critères, ses choix, ses renoncements, ses méthodes… Le jardin de l’Eden (I lecture) et le désert (Évangile) nous présentent deux situations que Dieu remplit de sa présence. Dans ce jardin “Dieu forma l’homme avec la poussière du sol”, pour en faire “un être vivant” (v. 7). Dans le désert l’Esprit conduit le Seigneur Jésus, “afin qu’il soit tenté par le diable” (v. 1). Fort de sa ruse, le tentateur avait bien abouti à quelque résultat dans la chute du premier Adam. Mais St. Paul nous rassure maintenant (II lecture): la revanche de Dieu est bien plus consistante, puisque la grâce du Christ, le nouvel Adam, “nous est accordée à tous en abondance” (v. 15).
Il y en a parmi nous qui voudraient minimiser la portée des tentations qui ont vu le Christ s’affronter au démon. Une fausse miséricorde, peut-être, ou une certaine pudeur, les amène à considérer ces tentations comme indignes du Fils de Dieu, voir impossibles pour lui. Tandis que les tentations ont été pour lui bien réelles, loin d’un jeu ou d’un faux semblant. Il en est de même pour le chrétien et pour l’Église. “Si le Christ n’avait pas vécu la tentation dans sa vérité, si la tentation n’avait été rien pour lui, dans sa réalité d’homme et de Messie, sa réaction ne serait nullement un exemple pour nous et n’aurait rien à voir avec notre propre tentation. Il ne sera un exemple pour nous que s’il l’a réellement affrontée et qu’il en est sorti vainqueur à l’intérieur de sa propre expérience spirituelle. Une comédie, ou un exercice de style, ne susciterait nullement notre intérêt” (C. Duquoc). Jésus est passé par l’épreuve, en tout, comme nous, à l’exception du péché. C’est pourquoi il est en mesure de venir au secours de celui qui est également dans l’épreuve (Héb 2,18; 4,15).
Jésus s’est posé réellement des questions sur ses choix possibles au sujet de la méthode ou du chemin à suivre dans la réalisation de sa mission de Messie. En effet il y avait au moins trois chemins qui se dessinaient devant lui: le profit, le prestige, le pouvoir. Les trois ayant un seul dénominateur: tout conditionner à sa propre personne: les choses, Dieu et les hommes. Les trois tentations représentent en effet un modèle différent de Messie : -1. un Messie “réformateur social” (c’est-à-dire, priorité donnée au profit personnel: changer les pierres en pain, pour se nourrir, lui et ses amis… Le succès populaire serait garanti). –2. un “Messie aux nombreux miracles”: voilà le prestige du geste éclatant, spectaculaire, efficace, malgré Dieu forcé à son service). –3. un “Messie du pouvoir”: dominer politiquement les choses et les personnes.
Ces trois modèles de messie -tous faux, ou au moins équivoques- sont une menace permanente pour la mission des disciples du Seigneur et pour l’Eglise. Donc pour l’évangélisation de toujours et de partout. On a cru, parfois, que le pouvoir, l’argent, la domination, un activisme débridé, une prétendue supériorité ethnique et culturelle… seraient des chemins viables pour l’Évangile et pour l’activité pastorale. Ce sont, en réalité, des tentations permanentes pour les missionnaires de toujours. Rempli de la force de l’Esprit, Jésus a le dessus sur les tentations: pour lui il n’y a que la Parole de Dieu qui puisse rassasier totalement la faim et la soif qui sont dans le cœur de l’homme (v. 4). Il fait confiance totale à Dieu et croit en sa promesse de salut (v. 7). Il choisit de reconnaître la primauté absolue de Dieu: il n’y a que Lui que l’homme puisse adorer (v. 10). D’ailleurs, là est aussi le but qu’on se donne dans la pratique du jeûne, de la prière et de l’aumône, particulièrement en ce temps de Carême. Si ces pratiques sont vécues dans l’esprit de partage que recommande la mission, elles donneront un apport essentiel pour atteindre cette modération et cette sobriété qui sont si nécessaires au salut de l’humanité. (*) Les tentations étaient pour Jésus “trois chemins raccourcis pour escamoter le chemin de la croix” (Fulton Sheen). Mais Jésus accepte la croix avec amour, il meurt en pardonnant à ses ennemis. C’est sa victoire! Et c’est notre salut!
Le diable a joué sa dernière carte
Jean Compazieu
Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Ils sont nombreux ceux et celles qui ne savent plus très bien ce que c’est. Beaucoup pensent d’abord aux privations : on jeûne… on ne mange pas de viande… Les enfants ajoutent qu’on ne mange pas de bonbons…
Oui, bien sûr, tout cela peut faire partie du Carême. Mais ces privations ne sont que des moyens. Le véritable but de ces quarante jours c’est de nous débarrasser. Notre seule priorité c’est Jésus mort et ressuscité. Quand on a compris cela, tout le reste est accessoire. Nous sommes invités à nous éloigner des bruits du monde et à nous libérer des bagages qui encombrent. Le Carême n’est pas une période de manque mais un temps de retrouvaille avec le Seigneur qui n’a jamais cessé de nous aimer.
Les textes bibliques de ce dimanche nous apportent un éclairage lumineux. Le récit de la Genèse (1ère lecture) nous dit que l’homme a été créé pour le bonheur, la paix et la joie. Dieu veut notre bien et celui de notre monde. Mais le tentateur cherche à nous détourner de Dieu. Il veut nous faire croire que Dieu a de mauvaises intentions sur nous. Ce n’est là que mensonge. Au désert, le peuple d’Israël a fait l’expérience de serpents venimeux. Le soupçon porté sur Dieu est un poison mortel qui empoisonne nos vies.
Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur nous voit nous enfoncer dans le péché et nous détourner de lui. En ce début du Carême, il nous adresse un appel solennel : « Revenez à moi de tout votre cœur… » C’est une supplication pressante de notre Dieu. Il ne veut que notre bonheur. Toute la bible nous dit qu’il est « tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment ». Dieu n’est pas là pour nous punir mais pour nous sauver et nous combler de ses bienfaits. C’est avec lui que nous trouvons la joie d’être pardonnés. Et du coup, nous retrouvons l’intimité avec notre Dieu. Et nous pourrons rendre grâce pour cette merveille qu’il réalise dans notre vie.
Voilà ce chemin qui nous est proposé. Mais sur ce chemin, nous rencontrons la tentation. L’Évangile de ce jour nous dit que Jésus y a été affronté. Derrière ces tentations, il y a quelqu’un : La bible le nomme « le diable ». Il est celui qui cherche à faire tomber l’homme. Il est présent dans toutes les luttes de notre vie et n’en démord pas. Jésus a été tenaillé par la faim. Mais il a refusé de céder à la tentation de posséder et de consommer. Il est le Fils bien-aimé du Père et il veut lui rester fidèle jusqu’au bout. Il répond par un rappel de la Parole de Dieu: « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu… »
Jésus sait très bien qu’avec Satan, on ne peut pas dialoguer. Il choisit de se réfugier dans la Parole de Dieu. Nous l’avons entendu : Ce n’est pas seulement de pain que vit l’homme. Manger c’est vital. Être en accord avec Dieu est encore plus vital : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ». Ne le provoque pas. À Dieu seul, tu rendras un culte… Ne te prosterne pas devant les idoles, devant les personnes et encore moins devant le diable. Ces tentations sont aussi appétissantes que le fruit défendu de la Genèse. À nous de choisir si nous voulons vivre en enfants de Dieu et être en relation de fraternité entre nous. Si nous choisissons de marcher à la suite du Christ, nous vivrons ; sinon c’est la jungle.
Jésus a résisté au tentateur et celui-ci a fini par le quitter. Le Seigneur nous montre comment faire face à toutes ses attaques. Il nous invite à nous réfugier, comme lui, dans la Parole de Dieu ; les Écritures nous ouvrent le cœur de Dieu. Leur méditation, leur mise en pratique auprès de nos frères nous rapprochent de Dieu. C’est avec lui que nous trouverons force et courage dans notre lutte contre le mal. Avec le Christ, nous apprendrons à rejeter toutes les publicités mensongères qui courent à travers le monde et nous détournent de l’Évangile. La Lumière de la Parole de Dieu nous est offerte pour éclairer notre vie.
Si nous approfondissons un peu plus les Évangiles, nous découvrons une bonne nouvelle : Tout ce que le diable lui promet, Jésus l’obtiendra de son Père : ce sera l’événement de la multiplication des pains, puis la résurrection d’entre les morts au matin de Pâques. Mais tandis que le diable lui offre de posséder tout cela immédiatement, Jésus ne veut le recevoir que de son Père, en acceptant la voie douloureuse qui l’établira en Messie glorieux.
À chaque Eucharistie, le Seigneur ne demande qu’à nous nourrir du « Pain vivant descendu du ciel ». Il nourrit la foi ; il fait grandir l’espérance et nous donne la force d’aimer. Puissions-nous, tout au long de ce Carême à avoir toujours faim du Christ, seul Pain vivant, et de toute parole qui sort de sa bouche.
Par Abbé Jean Compazieu
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