2ème Dimanche
Temps Ordinaire (A)
Jean 1,29-34


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Références bibliques

  • Lecture du prophète Isaïe : 49. 3 à 6 : « Je vais faire de toi la lumière des nations pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre
  • Psaume 39 : « J’ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée » (en grec : Eglise)
  • Lecture de saint Paul aux Corinthiens: 1 Cor. 11. 1à 3 : » Vous qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint. »
  • Evangile selon saint Jean : 1. 29 à 34 : »Oui, j’ai vu, et je rends ce témoignage, c’est lui le Fils de Dieu! »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,29-34.
En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »


La désignation du Christ comme «Agneau de Dieu» laisse beaucoup de chrétiens indifférents. N’allons pas chercher une ressemblance entre Jésus et l’animal de nos bergeries. Cette appellation, fréquente dans l’Apocalypse, est un renvoi à l’agneau pascal, immolé et consommé à la veille de la sortie d’Égypte. Le sang de cet agneau marquait les portes des maisons des Hébreux et les protégeait de l’extermination (Exode12,1-14 et 46, cité en Jean 19,36). Ainsi, dès sa première apparition, Jésus est désigné comme celui qui donnera son sang pour libérer de la mort ceux que condamnait leur participation au « péché du monde ». D’entrée de jeu, l’évangéliste oriente notre regard vers la Pâque à venir. Le thème de l’agneau est à manipuler avec précaution car il glisse facilement vers une interprétation sacrificielle de la crucifixion du Christ : Jésus vu comme la victime offerte à Dieu pour satisfaire une justice qui ne pardonne pas. Où est alors le Dieu qui est amour ? Autre dérapage : trop insister sur la passivité, notamment à partir d’Isaïe 53,7 cité en Actes 8,32 : « Comme une brebis on l’a mené à l’abattoir ; comme un agneau muet devant celui qui le tond, il n’ouvre pas la bouche…» Retenons que Jésus s’est mis volontairement entre les mains des hommes : « Ma vie, personne ne me l’enlève mais je la livre de moi-même…» (Jean 10,18). S’il la livre, c’est pour la reprendre, transformée. Désormais « éternelle ». Mais voici qu’à la dernière Cène, l’agneau qui va être tué nous donne son sang à boire. Ce ne sont plus les portes, extérieures, qui sont marquées : ce sang nous devient intérieur ; il devient notre sang. Et le sang c’est la vie, « l’âme », comme le dit Genèse 9. Nous voici vivants de la vie de l’agneau.

Le Christ et nous aujourd’hui

Les gens qui sont venus trouver le Baptiste pensaient probablement qu’avec le baptême dans le Jourdain, ils arriveraient au terme de leur route. Or voici que Jean les oriente vers un autre. Cet autre est bien mystérieux : il était avant Jean et il passe devant lui. Il est donc à la fois le passé et l’avenir, le commencement et la fin, l’alpha et l’oméga. Jean est en quelque sorte ce présent qui n’est qu’un lieu de passage. Il va falloir repartir pour aller vers un autre baptême. Un baptême non plus dans l’eau qui se trouve toujours au même endroit mais dans l’Esprit, volatil, aérien, planant au-dessus des eaux. La suprême mobilité. Certains des auditeurs de Jean partiront à la suite de Jésus. Fin de leur parcours ? Pas du tout ! Jésus va les entraîner sans répit sur les routes de Palestine et, quand ils auront traversé sa Pâque, ils devront partir « vers le monde entier ». Un voyage qui n’a pas de fin. Comprenons que nous sommes, aujourd’hui comme hier, tournés vers un futur, un « pas encore là ». Nous ne tenons jamais le dernier mot de l’histoire, de notre histoire.

Méfions-nous quand nous nous enfermons dans nos certitudes, nos habitudes, nos convictions, nos jugements. Notre vérité est de rester ouverts à un ailleurs, un autrement. Pour nous chrétiens, ce que nous attendons, ce qui est l’objet de notre désir, c’est le Christ lui-même, que nous ne connaissons pas encore (Jean répète : « Je ne le connaissais pas »). Mais notre désir du Christ ne suffit pas : il doit se conjuguer avec l’espérance, qui est la certitude que nous le connaîtrons un jour. Nous voici donc en route. Mais n’oublions pas qu’il est déjà là, à la source de ce désir et de cette espérance. Il est là aussi quand ce désir et cette espérance se traduisent en amour : quand nous nous laissons traverser par l’amour, nous mettons Dieu au monde.

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Cet évangile donne une impression de déjà vu, de redite. Le texte est assez subtil, voire difficile à lire. Il y a des répétitions qui ont l’air de trop insister. L’auteur nous mène du passé au présent, et vice-versa, comme pour nous dérouter.

Ce qui est évident, c’est que le prophète Jean Baptiste témoigne pour nous de la compréhension nouvelle qu’il a de la personne de Jésus. Il avoue qu’il ne le connaissait pas quand déjà il préparait sa venue.

Or Jean, selon la tradition de l’évangile de Luc, avait un lien de parenté avec Jésus. N’était-il pas le fils de Zacharie et d’Élisabeth, le petit cousin du fils de Marie ? Comment peut-il nous dire qu’il ne le connaissait pas? À moins qu’il ne veuille attirer notre attention sur la nécessité d’en appeler à d’autres critères que ceux de la parenté et du voisinage pour connaître Jésus, et qui sont les promesses bibliques et la révélation divine. Nous assistons ici à la mise au point du regard de Jean sur Jésus. Voici que soudainement Jean reconnaît celui qu’hier encore il ne connaissait pas vraiment.

Jean Baptiste fait preuve d’humilité, de fidélité à la grâce de Dieu, quand il témoigne. S’il reconnaît, par delà ses attentes personnelles et ses préjugés, l’identité véritable de Jésus de Nazareth, c’est que l’Esprit-Saint l’a assisté. S’il avoue qu’auparavant il ne connaissait pas Jésus, c’est après s’être posé des questions, avoir cherché, prié, relu les prophètes et la tradition juive, écouté Dieu. Lui, Jean, l’homme rude, sévère et rigoureux, l’homme radical et exigeant, il se retrouve devant un Messie tout en douceur et compassion. Qui prend sur lui le péché des hommes. Le voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Était-ce bien là celui qu’il attendait ? Il y a des vérités que nous aussi nous mettons du temps à découvrir, à accepter. C’est en faisant la relecture d’événements, de rencontres, d’expériences qui nous ont touchés, que nous découvrons soudainement un sens, que nous voyons la lumière. Ainsi il en faut du temps pour faire le point, laisser l’Esprit nous instruire et mesurer avec nous la portée des influences qui nous ont marqués.

Jean Baptiste, lui, était là pour cet instant où le Christ allait paraître. Il a eu la grâce du discernement. Il n’a pas fait obstacle à Jésus. Au contraire, il a pu le contempler, tel qu’il était, en tout son élan. En le voyant venir vers lui, Jean prononce la formule incomparable qui manifeste, aux yeux de tous, l’amour de Dieu. Son point d’équilibre et sa fragilité. Son point de rayonnement et sa vulnérabilité. Voici l’Agneau de Dieu. Voici le Serviteur souffrant et l’Agneau de la Pâque. Voici le Sauveur que le monde attend. Voici le Fils de Dieu. Le prophète Jean peut en témoigner, il l’a vu pour nous. À notre tour de le connaître, pour entrer dans la grâce du pardon. Jean nous rappelle que nous devons nous ouvrir à cette venue de Dieu, qu’il ne faut pas nous asseoir sur nos certitudes, mais chercher, demeurer sensibles à l’Esprit, pour contempler le Verbe de Dieu, voir sa lumière.

Plusieurs s’arrêtent vite sur le chemin. Nous connaissons tous des savants dans les connaissances humaines qui nous étonnent par leur ignorance religieuse et la pauvreté apparente de leur foi. Pourtant ne leur fallait-il pas cultiver aussi la foi, et suivre la bonne nouvelle jusqu’au bout? Elle n’a jamais fini de nous étonner. Dieu vient vers nous en son Fils. Allons-nous discerner, dans l’Esprit, sa présence active, sanctifiante pour nos vies ? Saurons-nous y mettre du temps et la réponse de notre amour ?

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L’épiphanie se poursuit, la personne de Jésus se dévoile petit à petit. Après l’étoile conduisant les Mages, et le Baptême dans le fleuve Jourdain, le Baptiste insiste encore à montrer Jésus, le désignant comme l’Agneau de Dieu (Évangile). Jean a grandi dans sa connaissance de Jésus: il a affirmé, dans un premier moment, ne pas le connaître (v. 31.33), ne le connaissant peut-être que comme quelqu’un de sa famille. Maintenant il le proclame Agneau de Dieu, (v. 29), rempli de l’Esprit de Dieu, et plus encore celui qui baptise dans l’Esprit (v. 33), Fils de Dieu (v. 34). Jean le Baptiste le déclare présent: “Voici l’agneau de Dieu…”, celui qui porte en lui-même, et donc efface complètement, le péché du monde (v. 29). Rien à voir ici avec nos concepts juridiques d’amnistie, d’indult, de réduction ou d’effacement de peine, mais le baptême dans l’Esprit Saint. Ce qui veut dire tout un dynamisme nouveau, l’Esprit Saint qui prend place dans le cœur des hommes (v. 33). Il est en effet la force de l’amour, une énergie nouvelle qui est toujours gagnante face au mal qui est dans le cœur de l’homme. Il n’y a que l’amour, en effet, qui puisse transformer et guérir les cœurs.

Le deuxième chant du Serviteur de Yahvé (I lecture) porte une préfiguration du Baptême de Jésus. En effet Jésus y est présenté comme le vrai ‘talya’ (terme araméen attribué à Jean le Baptiste, qui a voulu indiquer ainsi l’agneau et le serviteur): il est l’agneau pascal, immolé, qui enlève le péché du monde entier, dont il assume toute la charge. Il est le serviteur que Dieu a appelé dès le sein maternel (v. 5), qui devient ainsi la lumière des nations, porteur d’une mission universelle de salut qui dépasse les limites d’Israël pour s’élargir jusqu’aux limites de la terre (v. 6; Lc 2,30-32; Ac 13,47). Le psaume chante la disponibilité de Jésus, et avec lui de l’Église évangélisatrice, à assumer cette mission sans limites: “Me voici, je viens…!”

L’expression “Agneau de Dieu”, utilisée par le Baptiste, est imprégnée de réminiscences bibliques et d’autant d’applications missionnaires. L’agneau pascal d’abord, dont le sang fut signe de salut contre l’extermination qui allait se produire dans la nuit de l’exode, pendant que le peuple élu fuyait l’Égypte (Ex 12,23). Autre personnage évoqué, c’est le Serviteur souffrant et silencieux, qui portait le péché de la multitude (Is 53,12). Et finalement, cette expression si chère au Baptiste renvoie au sacrifice d’Abraham, là où Isaac fut épargné, Dieu même se chargeant de pourvoir un agneau à sa place pour le sacrifice (Gn 22,7-8): il ne s’agit pas du fils unique d’Abraham, mais du Fils unique de Dieu en personne. Jean le Baptiste pourrait bien avoir acquis cette profonde compréhension de l’image de l’agneau pascal à l’école des Esséniens de Qumram. Beaucoup de pieux Israélites étaient aussi dans la même sensibilité spirituelle: parmi eux, sans aucun doute, Marie, Jean l’évangéliste…

Ce chemin progressif de découverte et d’identification de Jésus, fait de Jean le baptiste un modèle pour l’Église missionnaire et, au sein de l’Église, pour tout homme ou femme appelé à évangéliser. Jean croit en Jésus, éprouve à son égard des sentiments d’amour respectueux, il annonce sa présence en tant que Messie, il lui rend témoignage jusqu’au martyre. L’Église continue d’indiquer Jésus à l’aide des paroles de Jean, à commencer par le moment de la communion eucharistique: “Voici l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés…”, jusqu’à l’annonce et le service liés à la mission. Le message missionnaire de l’Église sera d’autant plus efficace et crédible s’il est, comme déjà pour le Baptiste, fruit de liberté, d’austérité, de courage, de prophétie, expression d’une Église qui se veut au service du Royaume, décidée à partager entièrement (St. Daniel Comboni) les souffrances et les aspirations, les plus profondes, que vit toute la famille humaine. C’est la seule manière, qui est donnée à la parole du missionnaire, de donner naissance à de nouveaux disciples de Jésus, à l’exemple de la Parole de Jean le Baptiste (Jn 1,35-37).

C’est ce qu’on peut dire aussi de la vocation missionnaire de Paul, apôtre totalement dévoué à Jésus le Christ: il le nomme pas moins de quatre fois dans les trois versets de la 2ème lecture. Sa sublime salutation adressée à tous les sanctifiés (baptisés) se rend plus actuelle dans la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens (18-25 janvier). L’Œcuménisme et la Mission forment un binôme vital et incontournable pour l’Église de Jésus. (*) Le temps liturgique appelé ordinaire, que nous venons de commencer, demeure toujours un temps fort et spécifique de la mission. Parce que la mission fait partie de la nature même de l’Église. La mission n’est pas cantonnée à quelques circonstances particulières, à des fêtes ou des quêtes de fonds. La mission occupe toutes les dimensions de la vie de l’Église comme un levain qui fermente toutes ses activités.


Alors que nous venons à peine de quitter le temps de Noël, en célébrant la fête du Baptême du Seigneur, et que nous sommes maintenant entrés dans le temps ordinaire, la figure de Jean le Baptiste semble nous poursuivre : en effet, nous venons d’entendre à nouveau le témoignage du Précurseur au sujet de Jésus. Les paroles du Baptiste, rapportées au début de l’évangile selon saint Jean, sont d’ailleurs reprises dans chaque célébration de l’Eucharistie, lorsque nous nous préparons à recevoir le Corps du Christ : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Tout au long de l’année, nous sommes ainsi dans la situation de ceux qui rencontrent Jésus pour la première fois et entendent la parole d’un témoin : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

En appliquant à Jésus l’image de l’agneau, Jean le Baptiste révèle que, en la personne de Jésus, s’accomplit ce dont le sacrifice pascal – l’agneau immolé en mémoire de la délivrance de l’esclavage en Égypte – était la préfiguration. Par l’emploi de ces mots au début du ministère public de Jésus, le Baptiste signifie aussi que le visage du mystérieux serviteur souffrant annoncé par le prophète Isaïe («  comme un agneau muet conduit à l’abattoir, il n’ouvre pas la bouche… le châtiment qui nous obtient la paix est sur lui… dans sa blessure est notre guérison ») est en train de se dévoiler. Cet homme sur qui demeure l’Esprit Saint, qui baptise dans l’Esprit Saint, est le Fils de Dieu, qui accomplit la réconciliation de toute l’humanité avec Dieu. Il accomplit cela en étant « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».

Mais qu’est-ce que cela signifie ? Un homme est assimilé à l’agneau du sacrifice ! Toute l’Écriture ne cesse pourtant de répéter que les sacrifices humains prétendument offerts à une divinité sont une abomination. De plus, Jésus, dans sa Passion comme dans sa vie tout entière, ne vit pas une offrande passive de lui-même, mais une offrande active : « Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne », les circonstances ont beau semblé faire apparaître que c’est la violence aveugle et la folie des hommes qui se déchaînent contre moi, la vérité, ce qui habite le fond de mon cœur et le regard du Père est autre : je choisis librement de demeurer dans l’unité avec le Père, de faire de ma vie une offrande au Père et à toute personne, à travers toute chose. Voilà toute la vie de Jésus. Et cette offrande active n’est pas volontarisme, à la force du poignet : dans le réalisme de chaque situation concrète, c’est un consentement à la volonté du Père, c’est un acte de foi : croire qu’il est possible de rejoindre l’amour du Père, de reconnaître le visage du Père, à travers tout événement : « Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté ».

C’est déjà très beau et d’une grande élévation humaine et spirituelle, ce que Jésus a vécu là. Mais en quoi cela enlève-t-il le péché du monde ? Cela peut m’aider en me donnant un bon exemple pour faire des efforts dans l’adversité, mais quand je suis violemment en prise avec mon péché, avec le mal qui me dépasse, quand je fais ce que je ne veux pas selon les mots de saint Paul aux Romains, de quel profit cela est-il pour moi ? Si l’Agneau de Dieu qu’est Jésus enlève le péché du monde, c’est parce qu’il porte ce péché : autrement dit, Dieu, en la personne de Jésus, est venu s’unir à chacun de nous, est venu toucher chacun de nous en tout ce qui fait notre humanité, afin de réveiller et stimuler, de porter vers le haut, les talents et les bonnes aspirations que nous portons, et aussi afin de guérir, de sauver, l’obscurité cachée au fond de notre cœur. Nulle crainte que nous puissions aller, tomber, en une profondeur qu’il n’aurait pas visitée : « Il s’est anéanti », selon les mots de saint Paul aux Philippiens. C’est ce que nous professons lorsque, dans le Credo, nous affirmons que le Christ « est descendu aux enfers » : il a touché le plus grand éloignement possible de Dieu, afin que, même là, le consentement dans l’amour à la volonté du Père soit présent, afin que, même dans l’abîme de mon péché, de mon refus de Dieu, la réconciliation avec l’amour du Père soit possible. Pourvu que je le veuille : puisque l’Agneau de Dieu porte le péché du monde pour l’enlever, il faut bien que je lui présente mon péché, que je le lui offre. Le salut acquis en Jésus n’est ni un coup de baguette magique, ni une violation de ma liberté.

Au début de cette année nouvelle, prenons le temps de nous interroger personnellement, de méditer ce passage de l’Évangile selon saint Jean, de méditer ces mots que nous entendons si souvent : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Ce sont des mots qui me concernent, qui me parlent de mon salut, de la délivrance du péché dont j’ai besoin. Demandons au Seigneur, si nous le voulons, de nous éclairer sur notre péché, c’est-à-dire sur ce qui nous sépare, sur ce qui nous éloigne, de façon concrète, au quotidien, de Dieu et des autres. Et dans la confiance, présentons cela au Seigneur, demandons-lui de porter ce fardeau, c’est-à-dire de nous aider à l’assumer sous le regard de Dieu, afin d’ouvrir pour nous un chemin de guérison, de réconciliation avec Dieu et avec nos frères et sœurs. Demandons-lui humblement d’être pour nous, aujourd’hui et chaque jour, l’Agneau de Dieu qui porte et enlève le péché du monde. Qu’il soit, pour chacun de nous, pour moi, l’Agneau de Dieu qui me donne la guérison, qui me fait marcher sur un chemin de salut au travers de telle difficulté concrète qui m’assaille peut-être si souvent. Tout à l’heure, au moment de la communion, n’ayons pas peur de présenter au Seigneur notre péché : « Seigneur Jésus, aujourd’hui, sois pour moi, pour chacun de nous, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, le Sauveur qui me fait marcher sur le chemin de la réconciliation avec le Père et avec toute personne. Amen. »

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