Deuxième pièce à verser à notre dossier Rendre compte de l’Espérance qui est en nous : cette contribution d’un de nos fidèles internautes… qui nous a signalé à juste titre en nous la confiant que « la citation de la Première Lettre de Pierre gagnerait à n’être pas tronquée : “Soyez prêts à tout moment à rendre compte, avec douceur et respect, de l’espérance qui est en vous.” » C’est seulement pour ne pas trop allonger le titre du dossier que nous avions coupé ces quatre mots ; nous les rétablirons à l’avenir !

Publié le 5 janvier 2026
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Au fond de notre trou, Tu nous demande d’espérer, Seigneur… Tu es sérieux ?

L’Espérance, au même rang que la Foi et la Charité.

Où veux-tu trouver un chemin d’espérance, dans notre monde d’aujourd’hui ?

Elle ne va pas venir d’un coup, nous dis-tu, il va falloir monter à l’Espérance marche par marche.

Et la première marche de l’Espérance, nous dis-tu Seigneur, c’est d’aimer le monde. Comment espérer le monde sans l’aimer ?

Aimer le monde… Comment aimer ce théâtre de souffrance, d’injustice, de cruauté ?

Aimer le monde comme on aime un enfant. Un enfant que nous n’avons pas engendré, un enfant en mal d’adoption. Aimer le monde comme on aime un enfant malade, comme on aime un enfant délinquant.

L’homme a grandi, sa puissance a grandi, le monde s’est soumis à sa force et s’étiole. Le monde devient notre enfant, un enfant malade, un enfant délinquant, malade d’avoir été exploité, délinquant d’avoir été mal aimé …

Quand nos parents déclinent et s’affaiblissent, nous devenons les parents de nos parents. Le monde nous a générés, et maintenant, il n’en peut plus. Nous sommes les enfants du monde et le monde est devenu notre enfant, malade et délinquant.

Un enfant voyou qui nous agresse, qui cache ses trésors, qui masquerait sa beauté s’il le pouvait, mais il n’y arrive pas : la beauté du monde éclate mystérieusement. Il est capable de beauté, il est porteur de beauté, il est créateur de beauté.

La bonté du monde aussi se cache, la vraie bonté se cache souvent. Mais elle sourd par les fissures du monde. Elle coule au travers des blessures. Si on regarde, on la voit.

« Les seuls regards d’amour sont ceux qui vous espèrent » (P. Baudiquey).

Pour voir la beauté de l’enfant, il faut l’accueillir. Accueillir le monde, lui laver les pieds, il a tant marché, lui laver le visage, il a tant pleuré.

L’espérance, c’est savoir que notre enfant est capable du meilleur. Il porte le meilleur en lui.

Cette espérance dont je vous parle n’est pas l’espoir de quelque chose dans le futur, l’espoir que « ça s’arrangera »… cette espérance n’attend rien qui ne soit déjà là. L’espérance est au présent. L’espérance est une voyance. Du moins, c’est de cette espérance-là que le monde a besoin… espérer le monde, c’est l’aimer assez pour reconnaitre ce qu’il porte en lui, de beauté, de tendresse, de bonté… de preuves d’amour, au fond.

L’espérance, c’est voir la beauté sous la crasse, l’amour sous la haine, la tendresse jouxtant la violence. « Avec cette foi, nous serons capables de distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d’espérance » (Martin Luther King)

Jésus a rencontré des gens, plutôt des mauvais… Jésus les a espérés, et son espérance les a transfigurés : Zachée, la Samaritaine, les lépreux, la femme adultère… Non, tu n’es pas ton péché, tu n’es pas ta blessure, tu n’es pas ton malheur. Dieu peut surgir en toi, lève-toi et marche !

C’est ça que le monde a un besoin urgent d’entendre : je t’aime, je t’espère. Tu vaux mieux que le visage que tu te donnes. Chacun a besoin de l’entendre pour lui, chacun a besoin de l’entendre pour le monde, pour le chaos qui envahit. Dieu est chez toi. Tu peux le libérer.

Jean-René Brunetière
Président de Compostelle-Cordoue
compostelle-cordoue.org

Publié dans Dossier participatif n° 43 Rendre compte de l’Espérance qui est en nous