Baptême de Jésus (A)
Matthieu 3,13-17


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Références bibliques

  • Première lecture « Voici mon serviteur, qui a toute ma faveur » Is 42, 1-4.6-7
  • Psaume Le Seigneur bénit son peuple
    en lui donnant la paix. Ps 28 (29), 1-2, 3a…
  • Deuxième lecture « Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint » Ac 10, 34-38
  • Évangile « Dès que Jésus fut baptisé, il vit l’Esprit de Dieu venir sur lui » Mt 3, 13-17

La rencontre avec Jean-Baptiste a été pour Jésus une expérience qui a bouleversé sa vie. Après le baptême dans les eaux du Jourdain, Jésus ne retourne plus à son travail à Nazareth; il n’adhère pas non plus au mouvement de Jean-Baptiste. Sa vie est maintenant centrée sur un seul objectif: proclamer à tout le monde la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui veut sauver l’être humain.

Mais ce qui transforme la trajectoire de Jésus, ce ne sont pas les paroles qu’il entend des lèvres de Jean-Baptiste ni le rite purificateur du baptême. Jésus vit quelque chose de plus profond. Il se sent envahi par l’Esprit du Père. Il se reconnaît lui-même comme le Fils de Dieu. Sa vie consistera désormais à rayonner et à répandre cet amour insondable d’un Dieu- Père.

Cette expérience de Jésus a aussi un message pour nous. La foi est un cheminement personnel que chacun d’entre nous doit suivre. Ce que nous avons entendu depuis notre enfance, de nos parents et de nos éducateurs, est sans aucun doute très important. Ce que nous entendons des prêtres et des prédicateurs est aussi important. Mais, en fin de compte, nous devons toujours nous poser une question: En qui est-ce que je crois? Est-ce que je crois en Dieu ou est-ce que je crois en ceux qui me parlent de lui?

Nous ne devons pas oublier que la foi est toujours une expérience personnelle qui ne peut être remplacée par une obéissance aveugle à ce que les autres nous disent. De l’extérieur, on peut me guider vers la foi, mais c’est moi-même qui dois m’ouvrir à Dieu d’une manière confiante.

C’est pourquoi la foi ne consiste pas non plus à accepter simplement un certain nombre de formules. Être croyant ne dépend pas principalement du contenu doctrinal d’un catéchisme. Tout cela est sans doute très important pour façonner notre vision chrétienne de l’existence. Mais plutôt que cela, et en donnant un sens à tout cela, il y a ce dynamisme intime qui, de l’intérieur, nous amène à aimer, à croire et à toujours espérer en ce Dieu que Jésus nous a révélé.

La foi n’est pas non plus un capital que nous recevons au baptême et dont nous pouvons ensuite disposer tranquillement. Ce n’est pas quelque chose qui s’acquiert en propriété pour toujours. Être croyant, c’est vivre en permanence à l’écoute du Dieu incarné en Jésus, en apprenant à vivre jour après jour d’une manière plus épanouie et plus libre.

Cette foi n’est pas faite uniquement de certitudes. Tout au long de sa vie, le croyant vit souvent dans l’obscurité. Comme l’a dit le grand théologien Romano Guardini, «la foi, c’est avoir assez de lumière pour faire face à l’obscurité». La foi est faite, avant tout, de fidélité. Dans les moments d’obscurité, le vrai croyant sait croire en ce qu’il a vu aux moments de lumière. Il continue toujours à chercher ce Dieu qui est au-delà de toutes nos formules claires ou obscures.

Le père de Lubac a écrit que «les idées que nous nous faisons de Dieu sont comme les vagues de la mer, sur lesquelles le nageur s’appuie pour les surmonter». Ce qui est décisif, c’est la fidélité à ce Dieu qui se manifeste progressivement à nous à travers son Fils Jésus Christ.

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Le récit du baptême de Jésus est une véritable catéchèse et une source d’inspiration pour les chrétiens. Cet événement nous révèle plusieurs aspects importants de la personnalité de Jésus et nous dévoile le sens de notre propre baptême.

«Les cieux s’ouvrirent» et le contact entre Dieu et nous est rétabli. Ce baptême nous révèle la présence de la Trinité qui rompt le silence pour communiquer avec nous. Dieu Père, Fils et Esprit nous veut du bien et nous invite à un nouvel exode vers la libération et vers le salut. La ligne de dialogue est rétablie.

Dans ce texte Matthieu nous décrit la Trinité en action et il y reviendra à la toute fin de son évangile : «Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit… Et voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28, 18-19)

«Jésus vit l’Esprit de Dieu descendre sur lui comme une colombe». Dans le poème de la création (Genèse 1, 2), l’Esprit de Dieu plane sur les eaux et, en les agitant, en fait jaillir la vie. C’est le même Esprit qui descend sur les eaux du Jourdain. Jésus, le nouvel Adam, vivra en amitié avec Dieu, son père. Il s’agit d’une nouvelle création, d’un second départ. Nous sommes invités à nous joindre au Seigneur et à tous ceux et celles qui veulent se convertir avec le baptême de Jean. Nous sommes invités à la conversion afin de construire un monde de paix et d’amour avec Dieu.

«Celui-ci est mon fils bien-aimé : en lui j’ai mis tout mon amour». Ici on passe d’un Testament à l’autre. Toute cette atmosphère d’amour et de tendresse contraste avec la prédication de Jean Baptiste qui attendait un Messie sévère, un guerrier qui punirait les méchants et chasserait les envahisseurs. C’est pourquoi il ne comprenait pas bien ce Jésus et sa façon d’agir. De sa prison, il enverra ses disciples pour demander au Seigneur : «Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre

Nous sommes invités à la conversion afin de construire un monde de paix et d’amour avec Dieu.

La première lecture nous explique bien les choix de Jésus à son baptême : «Il ne crie pas, il n’élève pas le ton, il ne fait pas entendre sa voix dans la rue; il ne brise pas le roseau froissé, il n’éteint pas la mèche qui faiblit…» Le Christ est venu non pas pour détruire et punir mais pour se rapprocher de nous, particulièrement de ceux et celles qui ont été brisé par la vie.

Dès le début de son ministère, Jésus nous révèle un Dieu solidaire qui rejoint les malades et les pécheurs :

  • – Il mange chez Matthieu, le collecteur d’impôts
  • – accepte Marie-Madeleine parmi ses disciples
  • – engage la conversation avec la samaritaine au puits de Jacob
  • – permet à une prostituée de lui parfumer les pieds
  • – s’invite chez Zachée, le chef publicain
  • – entre en contacte avec les lépreux
  • – défend la femme adultère et empêche qu’on la lapide à mort
  • – permet au vieux Nicodème de «renaître» et de redécouvrir le sens de sa vie
  • – accepte le malfaiteur crucifié avec lui. Celui-ci sera le premier à entrer dans le Royaume.

Jésus, « doux et humble de cœur, ne brise pas le roseau froissé». Il est le lien entre Dieu et nous, il est notre frère. Il se veut solidaire de tous les êtres humains. Sur les bords du Jourdain, il se met en ligne au milieu des pécheurs qui veulent se faire baptiser.

Le baptême de Jésus nous rappelle notre propre baptême. Les textes d’aujourd’hui soulignent le caractère particulier de la mission du baptisé :

  • – ne pas éteindre la mèche qui fume encore,
  • – ne pas briser le roseau froissé,
  • – ne pas crier,
  • – être ouvert à tous,
  • – apporter la justice, la lumière et la joie,
  • – être des artisans de paix et de réconciliation.

Nous sommes invités à vivre et à agir comme notre Dieu : «Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait» (Mt 5, 48). Et S. Luc explique le sens de cette invitation en la traduisant comme suit : «Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux».

Aujourd’hui, nous sommes invités à suivre les traces de Jésus parce que nous aussi nous sommes les enfants bien-aimés de Dieu :

«Celui-ci, celle-ci est mon fils, ma fille bien-aimée…».

Nous sommes invités à la conversion afin de construire un monde de paix et d’amour avec Dieu.

Le Christ est venu non pas pour détruire et punir mais pour se rapprocher de nous, particulièrement de ceux et celles qui ont été brisé par la vie.

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Après la révélation de notre Dieu dans l’histoire des mages de l’Orient, que nous a donné de vivre l’Épiphanie, vient celle du baptême de Jésus sur l’identité du Christ et de sa mission.

Jésus est celui qui rétablit le contact entre Dieu et nous. Le ciel s’ouvre de nouveau et le Père fait entendre sa voix. C’est le début d’une nouvelle période dans l’histoire de l’humanité. Comme ce fut le cas dans le texte de la création (Genèse 1, 2) l’Esprit Saint descend et inaugure un temps nouveau, une création nouvelle.

À plusieurs reprises dans l’Ancien Testament, à cause des péchés du peuple de Dieu, les prophètes avaient affirmé que le ciel était fermé, que la relation avec Dieu était interrompue. Au baptême de Jésus, qui demande le pardon au nom de toute l’humanité, l’alliance du premier matin de la Création est rétablie sur nos autels et le ciel s’ouvre de nouveau.

 » Puissions-nous être unis à l’humanité de celui qui a prit notre humanité. »

Comme sur les bords du Jourdain, non seulement Jésus rétablit le contact avec Dieu, mais il pose un geste de solidarité profonde avec chacune et chacun d’entre nous. Il prend place dans la file des pécheurs et pécheresses qui veulent se convertir. Ainsi il est notre frère qui partage notre condition humaine, avec toutes ses joies et toutes ses souffrances.

Cette révélation d’un Dieu solidaire fait suite à celle de la naissance de Jésus à Bethléem, où l’évangéliste nous présente le petit enfant comme l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous. Nous reconnaissons ici la grande tendresse de Dieu. Le Seigneur prendra place à la table des pécheurs, il partagera nos joies et nos misères.

Dans le texte du baptême de Jésus, saint Luc nous invite à réfléchir sur notre propre baptême. Nous avons été baptisés au moment où notre famille était en prière. Le ciel s’est ouvert et l’Esprit Saint est descendu sur chacun et chacune d’entre nous.

L’eau de notre baptême est beaucoup plus une source de fécondité qu’un rituel de purification ou que l’eau du Jourdain. Elle nous donne une nouvelle vie, une vie en abondance : «Je vous aspergerai d’une eau pure…, je vous donnerai un coeur nouveau et mettrai en vous un esprit nouveau», disait le prophète Ézéchiel. (Ez 36, 25-26)

Au cours de notre existence, il y a souvent des nouveaux départs : la fin des études, la première carrière, le jour du mariage, la naissance d’un enfant. Il nous faut assumer chaque nouvelle étape de notre vie, comme le réalisera le Fils de Dieu incarné parmi nous. Il faut assumer notre baptême, comme le dit saint Paul, afin «d’éviter de laisser éteindre l’Esprit», (1Thessaloniciens 5,19).

Le Seigneur devient notre Emmanuel, le Dieu-avec-nous. Il prend place dans la longue lignée des pécheurs que nous sommes. Il est solidaire, malgré nos faiblesses et nos péchés. «Jésus vit l’Esprit de Dieu descendre sur lui comme une colombe». Dans le poème de la création (Genèse 1, 2), l’Esprit de Dieu plane sur les eaux.

Mais la colombe est revenue quand cessa le déluge et, que la vie jaillissait à nouveau. Sous l’apparence d’une colombe, l’Esprit de Dieu couvre les eaux du Jourdain. Il s’agit d’une nouvelle création partagée avec Dieu, par Jésus. «Celui-ci est mon fils bien-aimé : en lui j’ai mis tout mon amour».

Pouvons-nous le rejoindre dès les bords du Jourdain comme André, Philippe Pierre et Jean.

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Le Baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain figure parmi les trois épiphanies, qui sont des manifestations reconnues comme particulièrement significatives de sa personne. La liturgie de l’Église chante ces trois révélations dans la solennité de l’Epiphanie du Seigneur: en plus du Baptême il y a donc la visite des Mages venant de l’Orient et le miracle des noces de Cana. Le Baptême est aussi une manifestation missionnaire de Jésus. Du point de vue liturgique, la fête que nous célébrons aujourd’hui figure comme un pont qui met en relation l’enfance de Jésus et les débuts de sa vie publique. Mais il y a plus: la prédication missionnaire des apôtres sur la vie du Seigneur Jésus s’étalait, à ses débuts, “du baptême de Jean jusqu’au jour où le Seigneur nous a été enlevé” (Actes 1,22). Cette épiphanie du Seigneur émerge dans toute sa dimension universelle grâce aux lectures de ce jour.

Une première confirmation nous vient de Pierre (II lecture), en visite chez Corneille, centurion romain. Arrivé, non sans peine, à surmonter sa réticence personnelle, et celle de la communauté, Pierre rend visite et accueille dans la communauté le centurion Corneille. Il se porte même garant pour lui de son entrée dans la communauté croyante. Ainsi l’occasion lui est donnée d’affirmer une vérité fondamentale sur la mission et sur la théologie du salut: le salut est offert à tout homme, même à celui qui n’est pas explicitement chrétien: “Dieu ne fait pas de différence entre les hommes, mais il accueille tous ceux qui l’adorent et font ce qui est juste, quelle que soit leur affiliation ethnique” (v. 34-35).

L’événement du baptême du Seigneur jette un grand rayon de lumière sur son identité et sur sa mission (Évangile). Sur lui se manifeste la Très Sainte Trinité de Dieu, parce que le Père le proclame son “Fils bien-aimé” (v. 17), et l’Esprit descend sur lui (v. 16). Le Père est la Voix, le Fils est le Visage, l’esprit est le Lien entre eux. Déjà le premier chant du “Serviteur de Dieu” préfigure (I lecture) la mission de Jésus comme un envoi qui s’élargit au delà des limites d’Israël, pour être lumière et salut destinés aussi aux nations (païennes) (v. 1.6). Sa manière de faire mission n’aura jamais besoin de lever le ton et crier à haute voix (v. 2). Elle aura plutôt le souci de soutenir, encourager et donner leur place aux plus faibles (v. 3.7), sa confiance reposant exclusivement en celui qui “le conduit de sa main” (v. 6). Un programme apte à susciter l’enthousiasme, à remplir la vie de tout homme sensible aux valeurs de la générosité et de l’amour. On pourrait rappeler ici la méditation de St. Ignace de Loyola au sujet du Royaume, une méditation très connue, que l’on trouve au début de la deuxième semaine des Exercices spirituels. Sans oublier que le programme du serviteur peut concerner le fidèle dans sa conscience personnelle, aussi bien que toute la communauté croyante, ou bien encore le peuple chrétien dans sa totalité.

Dans l’Évangile Jésus, qui assume pour lui-même la mission du Serviteur de Dieu, et se sent en même temps fils et frère, ce Jésus n’hésite pas à se ranger parmi les pécheurs, il fait carrément la queue et attend comme tout le monde, pour recevoir lui aussi son baptême, le moment venu. Lui, le parfait innocent aux yeux de Dieu, attend le baptême de Jean pour le pardon des péchés. Jésus montre ainsi sa solidarité totale avec tous les membres de la famille humaine, dont il se revendique de plein droit. Par cette solidarité “il n’hésite pas à les appeler frères”. (Héb 2,11). Un commentaire de Grégoire de Natiance sur la scène du Baptême est particulièrement suggestif: “Jésus sort de l’eau et va vers le haut, portant sur lui le poids du cosmos” (Office des Lectures). Il est réellement le serviteur souffrant, solidaire de nous tous, l’Agneau qui porte sur lui les méfaits de tous (Is. 53,4-5.12). Et pourtant, c’est toujours Lui le Fils bien-aimé, en Lui vit tout l’amour du Père miséricordieux !

La merveilleuse réflexion théologique de l’évêque de Natiance semble trouver une correspondance géographique dans le lieu même qui, d’après l’opinion des spécialistes, serait le lieu du baptême de Jésus. Il s’agirait de Bet-Araba, le même endroit où Josué aurait traversé le fleuve, permettant ainsi au peuple de Dieu d’entrer dans la terre promise (Js 3,14s). D’après les géologues, ce lieu serait le lieu habité, le plus creux de la terre: -400 m sous le niveau de la mer. Jésus émerge de cette profondeur sortant de l’eau du Jourdain et s’élève vers le haut portant sur ses épaules le poids de l’humanité tout entière. Sa prière à Dieu le Père pourrait bien être celle du psaume De Profundis: “Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur … parce que près du Seigneur est la miséricorde et grande est en Lui la rédemption” (Sal 130,1.7). La proximité solidaire de ce serviteur, fils et frère, vrai Dieu et homme, est le fondement de notre élan missionnaire. Un envoi missionnaire qui est pour tout chrétien et trouve son fondement et sa source dans le Baptême, le sacrement qui nous introduit dans la vie de la Trinité et de l’Eglise, pour donner la vie au monde.