4ème Dimanche de l’Avent – Année C
Luc 1, 39-45


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En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Mi 5, 1-4 Ps 79, 2.3bc, 15-16a, 18-19 He 10, 5-10 Lc 1, 39-45

Que la terre s’entrouvre

Certes, Jésus “vient d’en haut”, comme une rosée, mais on peut dire aussi bien qu’il monte de la terre (chant d’ouverture). Michée (1re lecture) annonce qu’il sort de Bethléem et que ses origines remontent à l’aube des siècles. Nous ne sommes pas habitués à voir Jésus surgir du terreau humain, nous le voyons plutôt descendre du ciel, alors que Matthieu et Luc produisent pour lui des généalogies qui le fondent sur un socle humain. Comprenons qu’il est depuis toujours intérieur à l’humanité ; il l’habite, la travaille, la crée pour la faire parvenir au statut de Fils, c’est-à-dire pour en faire son propre corps et la conduire ainsi à son achèvement. Jésus est l’émergence visible et palpable de cette puissance, de ce Verbe, qui nous fonde et en qui existe tout ce qui existe. Ainsi l’Incarnation n’apparaît plus comme un météorite tombant inopinément du ciel, mais comme la révélation d’une réalité qui nous habite depuis que Dieu fait l’homme à son “image et ressemblance”. L’Image par excellence, “l’icône du Dieu invisible”, c’est le Christ lui-même, en qui nous sommes nous aussi images (Colossiens 1,15). Jésus est notre vérité venue au grand jour, et c’est bien pour cela que nous devons nous modeler sur lui.

“Me voici, je viens pour faire ta volonté”

La lettre aux Hébreux oppose aux divers sacrifices et aux offrandes rituelles l’ouverture à la volonté de Dieu. Il est vrai qu’il est possible de vivre en accord avec Dieu sans rite. Saint Jacques écrit : “La religion pure et sans tache aux yeux de Dieu le Père, la voici : visiter les veuves et les orphelins dans leur détresse et se garder propre à l’abri du monde” (1,27 – écho de Michée 6,8). Si tout ou presque passait par le rite, comment auraient pu rester “religieux” tous les chrétiens emprisonnés des années durant dans les États totalitaires ? Cependant la première lecture continue à parler de sacrifice, mais il s’agit d’un sacrifice nouveau, non rituel. On se souvient de la définition de saint Augustin, dans La Cité de Dieu : “Est vrai sacrifice toute action bonne qui nous met en accord avec Dieu”. Alors, pourquoi des rites ? Pour nous entretenir dans la prière et la pratique des “actions bonnes”, pour que nous ne perdions pas la mémoire du Christ, pour nous rassembler dans l’unité de son Corps. Mais quelle est cette volonté de Dieu que le Christ vient accomplir et que nous devons nous aussi faire nôtre ? Jésus répond : “La volonté de Celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour”. À nous de discerner ce qui, dans nos conduites, va dans ce sens-là.

Marie et Élisabeth

“Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui ont été dites de la part du Seigneur”, dit Élizabeth. D’après ce qui vient d’être dit au paragraphe précédent, on aurait plutôt attendu : “Heureuse celle qui a épousé la volonté de Dieu”. De fait, quand Marie a répondu à l’ange : “Qu’il me soit fait selon ta parole”, elle est entrée dans le dessein de Dieu, elle a fait sienne sa volonté de salut pour tous les hommes. Elle a accepté que ce salut passe par elle. Mais Élisabeth va jusqu’à la source d’une simple acceptation de la volonté divine ; elle en dévoile la cause. Impossible en effet d’entrer dans le dessein de Dieu, de se modeler sur lui, de l’accueillir, si l’on ne croit pas. Marie est bienheureuse parce qu’elle a cru que Dieu est bienveillance, que sa volonté est notre vie en plénitude. En Jean 15,8, Jésus dit “Ce qui donne gloire à mon Père (et comment lui donner gloire, sinon en entrant dans sa volonté ?), c’est que vous portiez beaucoup de fruit.” Croire que Dieu veut notre fécondité, c’est cela qui nous rend féconds. Marie va porter le fruit absolu : l’Homme Nouveau, l’Homme accompli, qui ne fait qu’un avec Dieu lui-même. Bienheureuse est-elle d’avoir cru cela. Jean, le futur Baptiste, en tressaille de joie. Extrapolons : j’ai dit que Marie a cru que le salut de tous les hommes passerait par elle. Comme elle est la figure de l’humanité accueillant Dieu sans réserve, nous pouvons dire que le salut passe aussi par nous, chaque fois que nous accueillons la volonté de Dieu dans la foi.

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Nous retrouvons le beau récit de la Visitation de la Vierge auprès de sa parente Élisabeth. Nous sommes si proches de Noël! Or, nous avons déjà, dans cet événement, une répétition, un aperçu de ce qui va bientôt arriver?

Le Messie naîtra à Bethléem comme l’annonçait le prophète Michée dans la 1ière lecture. Or voici qu’il se rapproche de ce lieu alors qu’il voyage dans le sein de sa mère. Celle-ci s’est empressée, au lendemain de l’annonce de l’ange Gabriel, de se rendre dans les collines de Judée, chez les parents du précurseur. Cette visite n’est ni banale, ni une anecdote parmi d’autres. Ce qui nous est rapporté est riche d’enseignement sur le Mystère du Christ.

Ce 4e dimanche de l’Avent nous fait contempler dans la mère de Jésus celui qui bientôt va naître. Voici que déjà en Marie Jésus est à l’œuvre. En elle, il est déjà en mission, porteur d’une bonne nouvelle. Lui-même il est Bonne Nouvelle et Bonheur pour les croyants/es.

Élisabeth en témoigne avec force. L’Esprit Saint lui donne de discerner et de parler. Elle se fait l’interprète de celui qui bouge et s’agite en elle au moment où Marie, la mère du Seigneur, s’amène pour la saluer.

Le voyage de Marie auprès de sa parente rappelle un épisode marquant survenu en Judée au temps du roi David, quand celui-ci voulut faire monter l’Arche de Dieu, depuis Qiryiat-Yéarim où elle était gardée, jusqu’à Jérusalem, la capitale du royaume. Il arriva, en cours de route, que le roi abandonna son projet de transfert de l’Arche par crainte d’un malheur. L’Arche n’apporta pourtant que du bonheur à celui chez qui elle fut déposée pendant trois mois.

En fait, S. Luc, nous présente Marie, comme étant la nouvelle Arche de l’Alliance. Elle apporte bonheur et joie dans la maison de Zacharie. Élisabeth en témoigne avec allégresse alors que Jean, le futur précurseur, danse dans le sein maternel comme autrefois David autour de l’Arche.

Marie, quant à elle, s’en remet à la volonté du Père. L’Ange l’avait trouvée toute disposée à ce que la Parole de Dieu s’accomplisse en elle. Voilà pourquoi elle apporte maintenant avec elle la joie, le bonheur, le Christ lui-même.

Quelle leçon pouvons-nous tirer de ce récit? Sans exclure d’autres possibilités, j’y vois un appel qui tombe bien alors que plusieurs parmi nous s’apprêtent à vivre les rencontres du temps des Fêtes. Baptisés dans le Christ Jésus et devenus ses disciples, nous portons la Bonne nouvelle dans notre cœur et nos pensées. Nous sommes appelés à témoigner du Christ vivant, à le reconnaître en toute personne humaine. L’incarnation du Fils bien-aimé l’a rendu semblable à nous. Il est devenu l’un de nous. En sa Pâque, il a sanctifié notre condition humaine, corps et âme.

Comme Marie, et bien sûr différemment d’elle, nous portons en nous la Joie et la Paix du Christ. Comme le Christ lui-même, nous pouvons dire : « Me voici! » pour l’accomplissement de la volonté bienveillante du Père. Et le désir du Père, c’est que nous portions un regard neuf sur toute humanité, que nous ayons davantage confiance en nous-mêmes, que nous soyons plus dociles à l’Esprit qui veut faire de nous des êtres de respect, de bienveillance, d’amour, de compassion les uns à l’égard des autres.

Comme pour Marie et tous les grands serviteurs de Dieu, notre mission c’est de faire la volonté du Père. « Tu m’as formé un corps. Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté! », disait la Lettre aux Hébreux. Or cette volonté, c’est que nous formions un seul Corps dans le Christ, que nous vivions en paix, joie et communion les uns avec les autres, tous ensemble dans le Christ.

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L’Évangile de ce dimanche d’Avent met en évidence la figure de Marie. Nous la voyons quand, immédiatement après avoir conçu dans la foi le Fils de Dieu, elle affronte le long voyage de Nazareth en Galilée jusqu’aux monts de Judée pour aller rendre visite à Élisabeth et l’aider. L’ange Gabriel lui avait révélé que sa parente âgée, qui n’avait pas d’enfants, était au sixième mois de grossesse (cf. Lc 1, 26.36). C’est pourquoi la Vierge, qui porte en elle un don et un mystère encore plus grand, va rendre visite à Élisabeth et reste chez elle pendant trois mois. Lors de la rencontre entre les deux femmes — imaginez : l’une est âgée et l’autre jeune, c’est la jeune, Marie, qui la salue la première. L’Évangile dit ceci : « Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth » (Lc 1, 40). Et, après ce salut, Élisabeth se sent enveloppée d’un grand émerveillement — n’oubliez pas ce mot : émerveillement. L’émerveillement. Élisabeth se sent enveloppée d’un grand émerveillement qui retentit dans ses paroles : « Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » (v. 43). Et ces deux femmes s’étreignent, s’embrassent, joyeuses : celle qui est âgée et la jeune, toutes les deux enceintes.

Pour célébrer Noël de manière féconde, nous sommes appelés à nous arrêter sur les « lieux » de l’émerveillement. Et quels sont ces lieux de l’émerveillement dans la vie quotidienne ? Il y en a trois. Le premier lieu est l’autre, en qui reconnaître un frère, car depuis que le Noël de Jésus a eu lieu, il porte à chaque fois imprimé en lui l’apparence du Fils de Dieu. En particulier quand il s’agit du visage du pauvre, car c’est pauvre que Dieu est entré dans le monde et c’est tout d’abord par les pauvres qu’il s’est laissé approcher.

Un autre lieu de l’émerveillement — le deuxième — où, si nous regardons avec foi, nous éprouvons précisément de l’émerveillement, est l’histoire. Très souvent, nous croyons la voir du bon côté et, en revanche, nous risquons de la lire à l’envers. Cela arrive, par exemple, quand celle-ci nous semble déterminée par l’économie de marché, réglementée par la finance et par les affaires, dominée par les puissants en place. Le Dieu de Noël est en revanche un Dieu qui « brouille les cartes » : Il aime le faire ! Comme le chante Marie dans le Magnificat, c’est le Seigneur qui renverse les puissants de leurs trônes et qui élève les humbles, qui comble de bien les affamés et qui renvoie les riches les mains vides (cf. Lc 1, 52-53). Cela est le deuxième émerveillement, l’émerveillement de l’histoire.

Un troisième lieu d’émerveillement est l’Église : la regarder avec l’émerveillement de la foi signifie ne pas se limiter à la considérer uniquement comme une institution religieuse, même si elle l’est ; mais la sentir comme une Mère qui, malgré les taches et les rides — nous en avons tant ! — laisse transparaître les traits de l’Épouse aimée et purifiée par le Christ Seigneur. Une Église qui sait reconnaître les nombreux signes d’amour fidèle que Dieu lui envoie sans cesse. Une Église pour laquelle le Seigneur Jésus ne sera jamais une possession à défendre jalousement, ceux qui font cela commettent une erreur ; mais sera toujours Celui qui vient à sa rencontre et qu’elle sait attendre avec confiance et joie, en donnant voix à l’espérance du monde. L’Église qui appelle le Seigneur : « Viens, Seigneur Jésus ! ». L’Église mère qui garde toujours les portes et les bras ouverts pour accueillir tout le monde. Plus encore, l’Église mère qui sort de ses propres portes pour chercher avec un sourire de mère tous ceux qui sont éloignés et les conduire à la miséricorde de Dieu. Cela est l’émerveillement de Noël !

À Noël, Dieu se donne entièrement à nous en donnant son Fils, l’Unique, qui est toute sa joie. Et ce n’est qu’avec le cœur de Marie, l’humble et pauvre fille de Sion, devenue Mère du Fils du Très-Haut qu’il est possible d’exulter et de se réjouir pour le grand don de Dieu et pour son imprévisible surprise. Qu’Elle nous aide à percevoir l’émerveillement — ces trois émerveillements, l’autre, l’histoire et l’Église — pour la naissance de Jésus, le don des dons, le cadeau immérité qui nous apporte le salut. La rencontre avec Jésus nous fera sentir à nous aussi ce grand émerveillement. Mais nous ne pouvons pas avoir cet émerveillement, nous ne pouvons pas rencontrer Jésus si nous ne le rencontrons pas chez les autres, dans l’histoire et dans l’Église.

Angelus 20/12/2015

Rendus désormais presque à l’ouverture de la fête de Noël, la Parole de Dieu nous met en main des clés de lecture, nécessaires pour comprendre et nous réjouir du mystère à célébrer. C’est la condition pour en devenir les annonciateurs. Ces clés sont: Marie, la chair, l’humilité. D’abord Marie, que l’évangéliste Luc nous présente dans l’événement de sa visite à Elisabeth (Évangile). Le climat spirituel est fait de foi et de grande joie, qui donnent le ton à la rencontre entre les deux femmes. Elles sont devenues mères grâce à une intervention spéciale de Dieu: Elisabeth dans sa vieillesse, Marie dans sa virginité. Les deux sont remplies de l’Esprit Saint (v. 41; Lc 1,35), et demeurent attentives aux signes de sa présence, ouvertes à la louange et à l’action de grâce pour ses oeuvres admirables (v. 42-45.46-48). Ces éléments font de la Visitation un mystère de foi, de joie, de service, d’annonce missionnaire. Marie, si pleine d’attentions dans ce voyage (v. 39) où elle sait que porte Jésus, est déjà l’image de l’Église missionnaire, qui porte au monde l’annonce du Sauveur.

Heureuse est celle qui a cru”, s’écrie Elisabeth (v. 45). Nous avons ici la première béatitude apparue dans l’Évangile. Marie a conçu le Fils de Dieu dans la foi de son cœur, avant de le mettre au monde dans sa chair. Elle a cru, elle a fait confiance à Dieu, elle s’est abandonnée à Lui. Les paroles de Marie: “voici la servante du Seigneur, qu’il advienne de moi…” (v. 38) sont parfaitement en ligne avec le ‘oui’ de Jésus. En effet, d’après la lettre aux Hébreux, (II lecture), en venant dans notre monde, il a dit: “Me voici, je viens, o mon Dieu, pour faire ta volonté” (v. 7). Jésus est maître dans le seul culte qui plaît à Dieu, le culte des vrais adorateurs du Père “en esprit et vérité”. Ce que Jésus nous enseignera également dans sa rencontre avec la samaritaine (Jn 4,23).

Depuis très longtemps, ou plutôt depuis toujours, Dieu ne se complaît pas du parfum de l’encens ni du fumet des chairs des animaux immolés dans le temple. Il veut résider dans un temple fait de chair, dans le cœur des personnes humaines, pour devenir le centre de toute réflexion et de tout intérêt, la raison de tout choix et de toute décision, la racine de toute joie. A ce seul moment on pourra parler de vraie conversion du cœur, au-delà de gestes purement extérieurs et rituels, de pratiques superficielles ou de formules abstraites, apprises par cœur.

Jésus est le vrai adorateur du Père: dès sa venue dans ce monde, il n’offre ni animaux ni encens (v. 5-6), mais il s’offre lui-même, son propre corps, comme sacrifice d’amour pour la sanctification de tous (v. 10). Il n’exclut personne, parce que “il ne considère pas comme une honte de les appeler frères” (Héb 2,11). “Caro salutis est cardo” (la chair est fondamentale au salut). C’est ce qu’aimaient répéter les Pères de l’Église dans les premiers siècles, eux qui étaient marqués d’une si profonde sensibilité aussi bien théologique qu’anthropologique. Ils mettaient ainsi l’accent sur Dieu qui a voulu rendre visible et réel son salut, au point de passer par la chair humaine du Fils de l’Homme, le Fils de Marie. En nous mettant à l’école de Marie, le Pape nous invite à rencontrer Jésus dans sa naissance à Noël et dans l’Eucharistie.

Toute cette oeuvre admirable de salut se réalise par des signes pauvres et petits, des personnes et réalités toutes humbles. L’exemple biblique du jour, c’est Bethléem (I lecture), tout petit village qui est pourtant le berceau d’un dominateur qui “paraîtra avec la force du Seigneur”, il donnera sécurité et paix au peuple, “il sera grand jusqu’au extrêmes limites de la terre” (v. 3-4). Bethléem est un village insignifiant, que Dieu choisit pour y faire naître celui qui est ‘la Meilleure Nouvelle’ pour tous les peuples. A l’origine de cet événement on trouve Marie, parfaitement consciente du fait que Dieu “a regardé à l’humilité de sa servante” (v. 48). C’est la raison de sa joie et de son chant.

Aujourd’hui encore, Dieu n’accomplit ses grandes oeuvres que par des instruments pauvres, des gestes tout simples, dans des situations qui semblent sans issue. On est tenté de se demander: mais qui donc pourra se sauver? Tous ceux qui, d’un cœur sincère et disponible, accueillent le mystère de cet Enfant que Bethléem a vu naître il y a 2000 ans, ceux qui accueillent son message, ceux-là sont les constructeurs de sa paix, porteurs de sa joie. Comme Marie, comme les bergers!