Formation Permanente 9/2018
Texte word FP.fr 2018-9 Le désir, au départ de tout
Texte PDF FP.fr 2018-9 Le désir, au départ de tout

Demander ce que l’on veut et désire
Au début de nos temps de prière, Ignace nous fait demander au Seigneur “ce que l’on veut et désire”. Jésus aussi, dans l’évangile, nous interroge : “Que veux-tu que je fasse pour toi ?”. Ce mois-ci, c’est donc la thématique du désir que nous vous proposons de découvrir et d’approfondir.
Le désir, au départ de tout
Au fondement de notre vie : le désir.
Saint Ignace, dans les Exercices Spirituels, invite à commencer tout temps de prière
en demandant au Seigneur “ce que je veux et désire”.
Mais qu’est-ce que je veux et désire vraiment ?
Le désir
Chaque jour nous nous levons. Mais au fond, pourquoi ? Qu’est-ce qui nous met en route, nous motive ?
Qu’attendons-nous de cette journée, de telle rencontre, de telle activité ?
Les réponses peuvent être variées. Et parfois nous avons peine à y répondre…
Et pourtant, ne rien attendre n’est-ce pas manquer de foi ? foi en la vie, foi en l’Homme, foi en Dieu ?…
Un élément essentiel de notre vie spirituelle, et sur lequel st Ignace s’appuie, est le désir.
Il y a en nous un dynamisme, une attente, une soif qui habite notre cœur : soif de ce pour quoi nous sommes faits, soif de la source qui nous fait vivre, soif de la vie profonde à laquelle nous sommes toutes et tous invités.
Peut-être que certains de nous ont fait l’expérience de cette vie intense qui nous traverse et nous est donnée… mais peut-être que pour beaucoup notre désir reste voilé, opaque, mêlé ou sous des épaisseurs de sable.
Quel désir ?
Le désir est une attente : le veilleur qui attend l’aurore (Ps 129) sait que le soleil va se lever. Il veille avec au cœur la certitude que ce qu’il désire au plus profond lui sera donné.
Mais attention, St Ignace parle du désir et non du besoin ! Un besoin, une fois qu’il est assouvi, disparaît. Le désir, lui, n’a jamais fini de nous mettre en route.
Le désir suppose de consentir au manque, à la limite. Et c’est ainsi qu’il va nous ouvrir. Désirer c’est être tendu vers l’objet de notre désir. Le désir devient pour nous un horizon.
Un désir n’est donc jamais réellement comblé. Si une réponse lui est donnée, il perdure, voire grandit. Sainte Thérèse Couderc écrivait : « Plus je m’approche de Dieu et plus j’ai faim de Lui ». Le désir nous aimante, nous tire en avant.
Le désir creuse ainsi une ouverture en nous ; il nous met en relation. Quand notre désir est éveillé, une rencontre est possible. Notre relation à Dieu n’est autre qu’une rencontre de deux désirs : celui de Dieu et le nôtre.
Le désir de Dieu
Dieu le premier porte un désir très fort, dépeint dès les premières pages de la Bible : Créateur, il donne la vie et désire “que nous vivions en sa présence dans l’Amour” (Ep 1). Si je contemple Jésus, je vois le désir de Dieu à l’œuvre : comment il libère, remet sur le chemin de la vie, restaure les uns et les autres dans leur dignité… « Dieu prend plaisir à ton bonheur, choisis donc la Vie ! », nous dit le Deutéronome (Dt 30,9.19).
Prendre conscience de mon désir
Prenons le temps de prier un moment et demandons à Dieu de nous faire découvrir quel est notre vrai désir.
- Cette écoute de mon désir, elle peut être comme une ligne de fond : quel est mon désir profond pour ma vie ? Qu’est-ce que je veux vraiment, qu’est-ce qui est le plus essentiel ?
- Elle peut aussi être pour cette période dans laquelle je me trouve : pour aujourd’hui ou pour telle rencontre que je vais vivre.
> Qu’est-ce qui va me permettre de vivre aujourd’hui selon le cœur de Dieu ? Il veut pour moi la libertél’ouverture, l’amour, les relations vraies, la paix…
> Qu’ai-je envie de demander à Dieu pour vivre selon son cœur ? Jésus s’intéresse à ce qui m’habite : comme à l’aveugle Bartimée, il me demande : Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (Lc 18,41). Qu’est-ce que je lui réponds ?
Mon désir comme un chemin
Si Saint Ignace propose de commencer chaque oraison en demandant “ce que je veux et désire”, il est possible qu’entre le début et la fin de ma prière, l’expression de mon désir évolue. Car il s’ajuste. Ainsi, au début de ma prière je vais peut-être recevoir dans mon cœur que j’ai le désir de réussir telle ou telle chose, puis progressivement, dans la prière, il se peut que je découvre que plus profondément j’ai le désir de la paix, de la confiance, puis au final que mon désir le plus fort est d’être aimé-e….
Le désir est donc un chemin, et il est bon que je le suive. En découvrant mon désir profond, je pourrai poser des choix libres qui s’ajustent à ce que je désire le plus profondément.