« La peur n’a jamais été bonne conseillère » : Devant les étudiants de l’université suisse de Berne, début septembre, la chancelière allemande Angela Merkel a donné une belle leçon de tolérance, et aussi, sans doute, de christianisme (voir la vidéo avec la traduction en français).
La question, posée par une étudiante, reflète les peurs exprimées, ici ou là, dans toute l’Europe, face à l’afflux des réfugiés : ne peut-on pas craindre, devant cet afflux de nouvelle population, une islamisation de l’Europe, et ainsi, la perte de nos racines ?
4 millions de musulmans en Allemagne
Angela Merkel n’esquive pas. Elle répond, argument après argument. Elle ne nie pas le danger du terrorisme, mais rappelle opportunément qu’il est aussi le fait de jeunes nés en Europe. Puis elle affirme tranquillement que, « oui, l’islam fait partie de l’Allemagne ». Avec déjà 4 millions de musulmans, dire le contraire serait une contre-vérité… Raisonnement qui pourrait d’ailleurs s’étendre à toute l’Europe.
Avoir le courage d’être chrétiens !
Mais Angela Merkel va plus loin. Elle rappelle que s’il y a une valeur à préserver, en Angela Merkel comme dans toute l’Europe, c’est la liberté de religion. Que l’on pratique la religion musulmane « ne me gêne pas », poursuit-elle. Mais, « Nous devons avoir aussi le courage d’être chrétiens, le courage de susciter un dialogue ». Et de poursuivre : « aller à la messe, connaître la Bible, expliquer un tableau accroché dans une Église, après tout, ce ne sont pas des tares ! ». Et la chancelière allemande de retourner la question de l’islam à son auditoire : « Si vous demandez à des écoliers d’expliquer ce qu’est la Pentecôte, les réponses seront décevantes ». Pour elle, il n’y a pas lieu de se plaindre que les musulmans connaissent bien l’islam. En revanche, « ce débat devrait plutôt nous amener à nous pencher un peu plus sur nos propres racines« .
Racines chrétiennes de l’Europe
Au fond, dans la crise qu’affronte aujourd’hui l’Europe face aux migrants, deux personnalités parviennent à donner une vraie vision politique, au sens fort du terme. Angela Merkel, qui rappelle à l’Europe ses règles sur le droit d’asile. Le pape François qui en appelle à notre tradition d’hospitalité. Il fallait sans doute un petit-fils d’immigré italien et une fille de pasteur de l’Allemagne de l’Est pour mettre de la chair sur le concept, jusqu’ici bien théorique, des « racines chrétiennes de l’Europe ».ncontro
Posté par Isabelle de Gaulmyn le Dimanche 13 septembre 2015
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